2018, sur la pointe des pieds

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2018.

Sur la pointe des pieds, je passe timidement le seuil de la porte qui me conduit de 2017 à toi.

Je m’arrête un instant, face à cette grande pièce vide et obscure, dans laquelle tout est encore à remplir, tout est encore à éclairer.

Dans mon dos, la lumière de 2017 étire doucement ses rayons, dessinant à mes pieds un rectangle lumineux, dans lequel se détache mon ombre.

C’est ça, 2018.

C’est savoir où je vais pour quelques pas, mais avoir encore tout le reste dans le noir. C’est la lumière de 2017 éclairant tes premiers jours, 2018, me donnant une idée vague de leur forme, de leur couleur, de ceux qui m’y accompagneront.

C’est tout le reste à inventer avec toi.

C’est une sensation délicieuse, 2018 parce que la lumière que renvoie 2017 sur ton sol est chaude, belle, brillante. Parce qu’en tâtonnant bien, ces prochaines semaines, je vais allumer d’autres lampes et doucement, doucement dessiner tes contours, tracer tes grandes lignes, te remplir de ce qui va être ton fil directeur.

L’aventure, le changement, l’inconnu, le défi, la découverte.

2018, je sais déjà que je rencontrerai deux portes, celle d’aujourd’hui, et celle que j’ai déjà dessinée il y a quelques mois, en traçant tes premiers plans, en posant tes fondations. Je sais qu’il y aura deux pièces totalement différentes, deux mondes, deux pays. Je sais qu’une fois la deuxième porte passée, tous mes repères seront bousculés et je devrai à nouveau tâtonner pour trouver la lumière, pour redécorer mon monde.

Oh 2018, j’ai à la fois hâte que tu arrives, que tu coules et à la fois envie de savourer doucement chaque instant, de te donner le temps de t’étirer, à l’infini.

Je ressens déjà l’excitation de la nouveauté et la mélancolie de ce que je vais devoir laisser derrière moi, l’envie de ne pas tout lâcher trop vite.

2018, je sais déjà que tu vas me bousculer plus que jamais, que je risque de verser encore beaucoup de larmes cette année. Je sais que l’angoisse va m’envahir plus d’une fois, que les doutes vont me tirailler jusqu’au plus profond de la nuit.

Je sais déjà que je n’ai aucune idée de ce que tu vas devenir. Je suis simplement convaincue, idée ancrée au creux de mon ventre, que tu seras décisive dans ma vie, qu’il y aura un avant et un après toi, que tu vas me changer jusque dans mon ADN. Que je vais devenir un peu une autre avec toi. Un peu plus moi-même, aussi.

2018, quand je pense à toi, j’ai l’excitation qui me gagne, les larmes aux yeux, la boule d’angoisse dans la gorge et le ventre qui se noue tout à la fois. Tout se mélange et je ne sais plus que penser, que ressentir, comment te vivre et que faire avec toi.

Oh 2018, je suis au seuil de ta porte, préparée à faire le premier pas. J’ai le pied encore levé, instant suspendu dans les airs.

Je reprends ma respiration avant de plonger dans tes limbes.

Je suis prête et à la fois pas du tout.

Mais une chose est sûre, je souris.

Je te veux, 2018. Je te veux toute entière, avec toutes tes émotions, avec les larmes de joies et de tristesse, avec les claques, les difficultés, avec la peur tapie sous mon nombril, avec l’espoir niché au creux de mon cœur.

2018, sur la pointe des pieds, je fais timidement le premier pas sur 365. Et je suis heureuse, infiniment heureuse de faire enfin connaissance avec toi.

Avec l’année qui m’ouvre la porte sur l’un de mes rêves.

2 Comments

  1. Toujours aussi magnifiquement écrit, toujours autant de magie dans tes mots…
    Je serais avec toi durant ces 365 jours.. et durant ceux à suivre..
    Emmène avec toi un petit bout de mon cœur afin que je puisse encore et encore profiter de toi, même de loin.
    Sois heureuse, profites de tous les instants à venir et surtout ne change pas, tu es devenue une femme superbe, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur !!!

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