Adelantado

Equipe de France retour aux vestiaires Euro 2016

Source : site internet d’Eurosport

Tu sais, moi j’aime pas beaucoup beaucoup le foot.

Enfin, non, c’est pas trop ça. En fait j’aime bien le foot, j’aime bien jouer, j’aime bien regarder, j’aime bien voir à quel point ça peut rassembler les gens (parfois). J’aime le foot un peu comme j’aime absolument tous les évènements sportifs, un peu beaucoup, en fait.

J’ai toujours adoré voir les gens se dépasser physiquement, tout donner, s’entrainer jour et nuit, et tout ça pour être le meilleur. Peut être que je vois tout ça dans le sport parce que je suis tombée dans la marmite de l’entrainement haut niveau quand j’étais petite, et que je sais tout ce que ça implique, comme volonté, comme sacrifices, comme souffrance aussi.

Peut être que j’aime le sport aussi parce que j’ai eu cette passion qui m’a poussée à passer un diplôme pour la transmettre aux autres, et que 10 ans après je me demande encore souvent pourquoi je n’ai pas continué dans cette voie, et puis je me demande aussi, beaucoup, si le petit Timothée avec ses yeux bleus, ses tâches de rousseur et son air espiègle il a continué la planche à voile et le dériveur, parce qu’il a aimé ça les années où je lui ai appris, même s’il a un peu fini en hypothermie un fois. Je me demande souvent si Timothée il a le nez un peu brulé par le soleil et l’eau de mer, les cheveux tous emmêlés par le vent, et s’il fait tomber les filles avec son air un peu sauvage de marin qu’il est peut être devenu.

Bref, je crois que j’aime le sport en général, parce que je sais le bien que ça peut faire au gens, parce que je sais comme on en veut et comme on en souffre quand on est passionné et qu’on y est tous les jours, parce que je sais que ceux qui nous suivent vibrent avec nous à chaque victoire, et chouinent un peu aussi quand on se ramasse.

Et tu sais, mon moment préféré, quand je regarde le sport, c’est quand la finale est terminée, quand le verdict est tombé et qu’on a un gagnant, et un demi perdant (parce que deuxième c’est pas vraiment perdu, je trouve). C’est à ce moment là que tu lis tout ce qu’ils ont vécu dans leurs yeux, toutes les journées d’entrainement, tous les moments où ils ont voulu baisser les bras mais ont choisi de continuer, toutes les douleurs des fois où ils se sont poussés à bout, toutes les blessures et les courbatures, toutes les périodes dures où ils ont tenu juste au mental. Tu vois tout leur chemin dans leurs visages, tu vois leur joie ou leur déception, et je crois que c’est probablement la chose qui m’émeut le plus au monde, un visage de sportif juste après la victoire ou la défaite (même plus qu’un épisode de Grey’s Anatomy larmoyant suivi d’un épisode des Maçons ont du coeur).

Alors juste après le match, comme ça, il faut souvent que je me cache un peu, parce que ça me met quand même souvent les larmes aux yeux, de voir toute cette joie et cette tristesse en même temps dans le même stade (mention spéciale pour Griezmann qui m’avait complètement brisé le cœur à la dernière coupe du monde tellement il y avait de détresse dans ses yeux).

Antoine Griezmann Euro 2016

Source : site internet d’Eurosport

J’aime pas trop le foot, moi, parce que j’ai du mal avec la mentalité, parce que l’équipe de France m’avait déçue (et ridiculisée un peu aussi), quand j’étais au Chili pendant la Coupe du Monde 2010 et que tous mes collègues commençaient à se foutre de ma gueule à peine entrés dans l’ascenseur le matin. J’ai du mal avec les scandales sur les prostituées mineures, ou les chantages à la sextape (je vais avoir un tas de drôles de visites sur mon blog avec ces mots là, dis donc).

En fait, c’est l’esprit du foot que j’aime pas trop, enfin ce qu’il est devenu en tout cas, mais le foot en lui même, le jeu, je crois que j’adore. Parce que ça me rappelle quand mon papa coachait son équipe (tiens, lui aussi, il aimait transmettre, en fait), parce que ça me rappelle les soirées devant les matchs avec lui, parce que je suis toujours la première à voir les hors-jeu, et que ça faisait halluciner mes collègues chiliens, parce que j’adorais le dire en espagnol, adelantado, alors j’en ai jamais loupé un seul. J’ai toujours trouvé que c’était beaucoup trop joli comme mot, adelantado, pour parler d’une faute sur un terrain de football, mais bon, c’est pas moi qui choisis ces choses là, donc je fais avec.

Alors hier, j’ai fait un effort, je n’avais pas regardé un seul match de l’Euro, mais je me suis dit que ça serait dommage de rater leurs visages une fois le coup de sifflet final donné. Je l’ai regardé comme je l’aime, entassée dans un bar pour vibrer un peu à l’unisson. Parce que ça fait du bien, parfois, surtout en ces temps un peu gris, de voir que le sport peut nous réunir, même si oui, c’est dommage que ce soit le sport qui nous réunisse. Mais tu sais quoi, c’est déjà ça.

Alors forcément, j’ai été déçue pour nos français, parce que j’aurais bien voulu qu’on gagne, quand même. Mais quand j’ai vu les visages irradiant de bonheur des Portugais, ça m’a consolée, un peu.

Parce qu’eux aussi, ils avaient un long chemin de souffrance, de détermination, de sacrifices et de passion dans les yeux.

Victoire équipe Portugal Euro 2016

Source : francetvinfo.fr

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