Chroniques d’une débutante en surf : cours 1 et 2

Saint Gilles Croix de Vie plage dunes surf

Dimanche 17 septembre

Premier jour. On arrive au club un peu de mauvaise humeur, je dois dire. Il fait 16 degrés (mais où est l’été indien ?), le ciel est tout gris (tu as donc deviné que la photo n’a pas été prise ce jour là).

Les inscriptions faites (tous les dimanches de cet automne, mais qu’est ce qui nous a pris ?), on enfile les combis, on prend les planches, direction la plage. Aujourd’hui, les lycras, c’est rose pour les filles, bleu pour les garçons, je m’insurge mais c’est trop tard, on est sur la plage.

Consignes de sécurité, tout le monde à l’eau. Elle est froide mais une fois dedans, ça va.

En revanche, une fois dedans, quelque chose me revient subitement, et très clairement, à l’esprit : j’ai peur des vagues. J’ai peur des vagues et je connais pas ce spot. Alors bêtement, je reste plantée au milieu en attendant celle que je sentirais bien. Autant dire aucune.

C’est là que le moniteur (mon héros) me rejoint, et qu’avec son autorité naturelle de moniteur de surf, me dit “monte sur ta planche”. J’ai peur mais je m’exécute, l’autorité, je vous dis. Il me lance sur la première vague qui passe. Je fais un take off, me ramasse lamentablement, mais bon, au moins, je l’ai prise. Il en faudra 4 ou 5 en mode débutante de 6 ans pour que j’arrive à abandonner le moniteur, prendre mon envol et aller chercher mes vagues moi-même.

Quatre ou cinq vagues et surtout un bon conseil. Arrête de regarder ta planche, si tu regardes dans l’eau, tu finis dans l’eau. C’est comme à cheval en fait. Clairement, dans cette séance, il y a eu avant ce conseil, et après ce conseil. Ça allait quand même nettement mieux après, je dois dire. Le contraire aurait été vraiment dommage, faut dire.

En revanche, la fatigue, et une planche plus petite que d’habitude ont raison de mon efficacité, visiblement je tiens pas vraiment debout dessus aujourd’hui. Enfin, une fois sur quatre, disons. Je tiens pas debout mais j’ai plus peur des vagues, je les prends et je rigole de mes chutes, donc ça va.

En plus le soleil s’est levé, on a bien chaud dans l’eau, et je regrette un peu de pas avoir mis de produit solaire (il faut toujours mettre du produit solaire, on ne sait jamais).

C’est l’heure de remonter, ça tombe bien, ça mollit et on arrive plus à prendre grand chose. Je remonte avec un goût de sel dans la bouche et un arrière goût de déception, quand même. J’en parle au moniteur et c’est à ce moment là qu’il choisit de m’apprendre que ma planche a perdu plus de 20 cm en longueur par rapport à celle que j’utilise d’habitude, et que donc, c’est pas si bizarre que ça que j’ai galéré pendant 1h30, c’est même plutôt normal, en fait.

Heureusement, cet arrière goût est vite remplacé par celui du goûter servi au chaud au club. Un goûter immédiatement après une séance de surf, c’est la meilleure idée du siècle (ceux qui me connaissent savent que l’unique manière de m’amadouer est de me donner à manger, c’est aussi un excellent moyen de me gérer quand je deviens insupportable, d’ailleurs).

De cette séance, on rentre salés, fatigués, avec quelques courbatures, et pour ma part, le nez et les pommettes rosies (la prochaine fois, je mettrai du produit solaire).

Saint Gilles Croix de Vie plage dunes surf

Dimanche 24 septembre

Depuis mercredi, tout le groupe Facebook du club ne parle que de ça. De ce qui “rentre” dimanche. 2 mètres, pour tout te dire. Pour moi, la vague idéale se compte en décimètres, 8 pour être exacte. Autant te dire que 2 m, ça fait un paquet de décimètres, et ça en fait beaucoup plus que ma vague idéale. Depuis mercredi, j’angoisse vaguement quand je pense à la séance de dimanche.

J’arrive déjà brûlée du nez et des pommettes, puisque le samedi on a couru l’Izenah Xtrem, et que j’ai toujours pas mis de produit solaire. Faites ce que je dis mais pas ce que je fais, en gros. Et puis j’ai déjà à peu près mal partout, parce que cette course était un poil physique, quand même. Autant te dire que quand le moniteur dit “vous êtes en forme aujourd’hui ? Parce que c’est costaud”, j’ai très envie de simuler le malaise. A la place, je fais un sourire et j’achète enfin un stick solaire. Au moins, je vais me noyer protégée du soleil.

Il me tend une combinaison orange, et la première chose qui me passe par l’esprit est qu’au moins, il me retrouvera plus vite si jamais j’ai un accident de planche, ou de vague. Confiance à son maximum.

Histoire de détendre l’atmosphère, je réclame un lycra qui va avec la couleur de ma combi, parce que le rose, franchement ça jure. Il m’en balance un jaune, je vais mourir stylée, ça va déjà mieux.

En arrivant sur la plage, il y a déjà du monde à l’eau. Les vagues sont d’ailleurs plus grandes que ceux qui les surfent, j’envisage 30 manières de fuir différentes. Le moniteur me file la même planche que la dernière fois, et je me dis que cette fois-ci, juste cette fois, je prendrais bien une planche en mousse. Mais n’écoutant que mon courage, ou ma fierté, ou ma bêtise, je sais pas trop, peut être un mélange des trois, je rentre dans l’eau.

Je rentre dans l’eau et je comprends que je vais rester dans les mousses toute la séance. J’ai pas encore pris une seule vague que j’ai déjà avalé 3 litres d’eau salée par le nez. Il est hors de question que j’aille plus loin. Je reste 5 minutes à observer le chaos autour de moi, et puis je décide de faire abstraction. Je m’allonge, je rame, je me lève. Je tombe dans la vague. Je recommence. A la deuxième, ça marche. A la dixième, je continue à tousser un demi litre d’eau en me relevant de ma chute à peu près une fois sur deux, mais bon, je commence à m’habituer. Les vagues sont puissantes, donc je me ramasse vite, mais quand ça marche, j’ai le sourire jusqu’aux oreilles. Par contre, je manque d’envoyer ma planche sur une autre fille en tombant, mais un gosse la venge 10 minutes après en me percutant en bodyboard. D’ailleurs, je vois beaucoup de planches dans les airs et de pieds qui dépassent des vagues, c’est un bon jour pour se protéger la tête en tombant.

Au bout de 45 minutes, j’ai plus de bras et mes take off ne marchent plus, mais tout le monde a l’air à peu près dans le même état. D’ailleurs, 20 minutes après, c’est passé, et je recommence à m’amuser.

Surtout sur cette vague. Je prends tranquillement ma petite mousse et sous mes pieds, je sens que ça grossit, je jette un coup d’œil et me rends compte que la mousse a disparu et que la vague s’est reformée. Je commence sérieusement à flipper qu’elle se creuse et m’envoie dans la machine à laver en cassant, mais je me dégonfle pas, j’ai une combi orange et un lycra jaune, je suis sûre qu’on me voit depuis l’autre bout de la plage, j’ai pas le droit d’être ridicule. J’appuie bien sur le pied avant comme le moniteur a dit et pouf, je descends la vague en prenant de la vitesse et la sens casser derrière moi. C’est à peu près à ce moment là que je choisis de crier de joie très fort. On me voit depuis l’autre bout de la plage, autant leur donner le son avec. En descendant de ma planche, j’ai le sourire jusqu’au oreilles, du bonheur plein le cœur et le moniteur me fait un pouce vers le haut.

D’ailleurs, il prend la dernière vague avec moi, plein de confiance en mes capacités, pour m’expliquer quelque chose. Et je lui rentre dedans. Il fallait bien que je compense ma réussite précédente.

En remontant sur la plage, je suis gonflée à bloc et j’ai envie de faire des bisous à ma planche en lui demandant pardon d’avoir envisagé de l’échanger contre une en mousse.

Plus jamais, je lui promets, plus jamais j’envisage d’aller à l’eau sans toi.

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