Je viendrai te voir, Bruxelles

attentats Bruxelle orchidée

Tu sais Bruxelles, je pensais à toi, justement, ce week-end. J’étais à l’aéroport de Vilnius, dimanche midi, et je voyais ton nom sur le tableau des départs, à côté de Paris, là où j’allais ce dimanche.

Je voyais ton nom et je me disais que tiens, je te connaissais pas du tout, et pourtant tu as l’air belle, Bruxelles, tu as l’air attirante pour quelqu’un qui ne te connaît pas. Je voyais ton nom et je me disais qu’il faudrait que je propose à l’amoureux qu’on vienne te voir, un de ces week-ends.

Et puis finalement hier, ton nom a rejoint celui de Paris sur un autre tableau, sur un tableau que l’on ne regarde pas fébrilement avec des étoiles plein les yeux et des valises plein les bras. Ton nom a rejoint celui de Paris sur le tableau des endeuillés, des victimes de la haine, des villes terrorisées, meurtries.

J’ai mal pour toi comme j’ai eu mal pour Paris, Bruxelles. J’ai mal aussi car encore une fois on s’est attaqué à une catégorie de personne à laquelle j’appartiens : les voyageurs.

J’avais déjà peur de l’avion, Bruxelles, et maintenant ils veulent qu’on ait peur des aéroports.

attentats Bruxelles orchidée

Moi j’ai peur, mais pas d’un endroit particulier. J’ai peur de la voie que prend l’humanité actuellement. J’ai peur que ces gens plein de haine l’attisent chez les autres, j’ai peur qu’ils nous divisent, qu’ils nous poussent à nous détester. J’ai peur qu’on se perde en route, Bruxelles, qu’on arrête de s’aimer les uns les autres, qu’on arrête de s’entraider. J’ai peur parce que je vois bien qu’ils sont en train de creuser des tranchées au milieu du monde, et que ces actes ont pour seul but de nous pousser à choisir de quel côté de celles-ci on veut être, de quel côté de celles-ci on veut combattre.

Je ne veux pas choisir mon camp, je ne veux pas combattre. Ou plutôt si, je veux combattre, je veux combattre pour qu’il n’y ait pas de camp, je veux combattre pour qu’on s’aime tous malgré les difficultés. Je veux combattre sans armes, avec des mots et de la tolérance. Avec de l’humanité.

De là où je suis, je t’envoie plein d’amour et de courage, Bruxelles, et puis je te le promets, un de ces jours, je viendrai te voir. Parce que j’ai peur de l’avion, mais pas encore des aéroports.

attentats Bruxelle orchidée

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *