La coloc

Je ne t’ai pas vraiment parlé de ce que je devenais depuis mi-décembre, ni sur l’ancien blog, ni ici. Probablement parce que je réfléchis beaucoup et que je n’y vois pas très très clair.

Souviens toi, je te disais que j’avais obtenu une rupture conventionnelle, je ne t’avais pas vraiment dit ce que j’allais faire après. J’ai beaucoup réfléchi en fait, après, surtout pour ne pas me retrouver dans la même situation que celle dans laquelle j’étais à l’époque, c’est à dire dans une ville dans laquelle je ne me voyais pas sur le long terme, et bloquée dans un poste ennuyeux dans une boite trop petite pour qu’il y ait la moindre opportunité d’évolution pour moi.

J’avais aussi quitté ce poste dans l’espoir de demander un PVT pour le Canada. Mais cette année, ils n’ont pas ouvert les quotas en janvier et février comme l’an dernier, ce qui fait que j’ai attendu, attendu, et que je me suis programmé un voyage/recherche d’emploi à Amsterdam en avril. C’est pile le moment qu’ils ont choisi pour ouvrir ces fichus quotas, quand j’ai arrêté de surveiller. Je ne te raconte pas ce qu’il s’est passé dans ma tête quand je me suis rendue compte que mes rêves de Canada s’envolaient, en tout cas pour cette année. Heureusement, j’ai pas encore 35 ans, alors je pourrai retenter l’année prochaine.

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Je te rassure, je fais pas rien en attendant, je continue à postuler en sélectionnant bien mes offres, et puis j’ai beaucoup de projets et d’idées en cours, je te raconterai surement, quand ça aura débouché sur quelque chose, ou si ça débouche, en fait.

Pour le coup, la situation transitoire, c’est pas que dans le boulot, c’est aussi un peu dans le logement. Ces 6 derniers mois, mon rythme de déménagement, qui était déjà largement supérieur à la moyenne ces 10 dernières années, s’est plus que largement accéléré. Pour tout te dire, je crois que ça y est, j’ai définitivement largué tous mes amis, plus personne ne sait où j’habite, plus personne ne comprend rien (mais tout le monde a l’habitude, alors personne s’inquiète).

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En décembre, j’ai commencé par la Rochelle. Bon, soyons francs, c’était une grosse erreur doublée d’une énorme perte de temps. C’est pas comme si je le savais pas en y allant en plus. Je veux dire, j’ai aucune excuse, c’était vraiment une très mauvaise idée, mauvaise genre comme cuire une pizza surgelée au micro-ondes, pour te donner un point de comparaison (et si tu ne vois pas ce que ça peut donner, essayes, tu verras à quelle point elle était mauvaise, mon idée).

Du coup en mars, j’ai repris le chemin de la maison paternelle, à Quimper, en me disant que de toute façon j’allais surement trouver un job vite et que je ne resterai pas longtemps.

C’est vraiment une mauvaise idée, aussi, de retourner vivre chez nos parents, même pour pas longtemps, quand ça fait 11 ans qu’on vit seule. L’indépendance, c’est comme la pilule rouge de Matrix, une fois que tu l’as prise, there is no way back.

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J’avais cette amie, qui m’avait proposé à plusieurs reprises de m’installer dans sa deuxième chambre, le temps de savoir où serait ma prochaine étape. J’avais toujours refusé jusque là, en me disant que la situation pouvait se décanter vraiment rapidement pour moi. C’est vrai quoi, en deux jours à Amsterdam, on m’avait proposé un job, que j’avais refusé car cela revenait à s’être échappée de prison pour aller s’enfermer dans celle d’en face, mais quand même, on me l’avait proposé vite, tu vois, donc je pourrais très bien en trouver un autre aussi rapidement.

Et puis il y a eu cet entretien, celui auquel on m’a fait venir pour me garder 1h30 en me disant à la fin « vous nous plaisez bien Madame, on a beaucoup aimé votre personnalité et on est surs que vous êtes intelligente et travailleuse, mais vous voyez, il vous manque une expérience du retail ».

Et puis ça a fait tilt dans ma tête, et je me suis demandée combien de temps j’allais encore devoir attendre pour que quelqu’un décide que j’étais la personne qui lui fallait, avec la bonne expérience. alors j’ai appelé A., et je lui ai demandé si son offre tenait toujours.

Cadres vintage accrochés au mur

J’ai déjà vécu en colocation, trois fois, mais jamais avec quelqu’un que je connaissais avant. Au Chili j’ai eu deux colocs. Le premier était un chileno-allemand, et il était un peu bizarre, il parlait tout seul dans une langue incompréhensible (tu vas me dire, vu que je ne parle pas allemand, ça pourrait simplement être ça, mais non, je sais reconnaitre de l’allemand quand j’en entends, quand même). Le deuxième était un vrai fantôme, il n’était jamais à l’appart, ce qui rendait la colocation franchement facile, sauf quand il me laissait la vaisselle dans l’évier et se persuadait qu’elle était à moi (je te jure, ça existe). J’ai fait une coloc à sept aussi, quand j’étais en région parisienne, ils étaient tous cool, sauf un, mais bon, c’était pour 8 mois, alors on s’en fiche, en fait.

Je me suis un peu demandée, avant d’arriver, comment ça allait se passer, est-ce que ça allait pas gâcher les choses entre nous si quelque chose se passait mal. Ça fait quand même 12 ans qu’on se connait, tu vois, c’est pas rien non plus. Mais en fait, je trouve ça plus facile avec une amie, et puis je crois qu’on est pas trop chiantes, toutes les deux.

 Je suis à Vannes, maintenant, depuis une semaine. Je crois que c’est enfin la dernière étape avant la prochaine vraie. Depuis décembre, sur trois déménagements, j’ai l’impression que c’est le premier que je choisis vraiment, et ça fait beaucoup de bien, d’avoir le choix. Cette fois-ci, si je remets tout dans les sacs pour tout amener ailleurs, ce n’est pas parce que je m’y sens obligée, ou parce que la vie fait que je dois le faire, c’est parce que je le veux, et ça change tout.

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6 Comments

  1. Oh, je ne savais pas que c’était une mauvaise idée de passer les pizzas surgelées au micro-onde (non, ce n’est pas tout ce que j’ai retenu de l’article)

    • Hahaha et si, malheureusement, j’en ai fait la douloureuse expérience lors de mes années étudiantes, lors d’une fête chez un ami ^^

    • Ah ben moi je le fais et je préfère d’ailleurs lol
      Mais je vois bien pour l’autre idée Ocilia 😉

  2. J’adore ton écriture.

    C’est vraiment un superbe blog. Bon OK chez vous il est 3h57 et je n’arrête pas de lire ton blog et de commenter. Mais j’ai une excuse. Je suis à Bali en ce moment même et pour nous il est 11h. Peux être te demanderas tu pourquoi je ne suis pas derrière les informations horribles qui défilent mais je le suis… Comme je sais également qu’il faut continuer à vivre après tout ça. Je sais c’est facile à dire à des milliers de kilomètres.

    Bref, je suis heureuse de t’avoir découverte et je te dis à bientôt.

    Bisous
    Mélanie

    • Merci, merci, merci mille fois pour ce commentaire et les autres que tu as pris le temps d’écrire ! Cela me touche beaucoup que tu aimes mon écriture et mon blog.

      Bali… Je rêve d’aller là-bas ! Qu’est ce que tu y fais ?

      Je comprends parfaitement que tu ne sois pas restée à te lamenter devant les infos sans rien faire d’autre. J’étais moi-même en soirée chez des amis, on riait beaucoup avec le match en fond, et puis d’un coup mon regard s’est bloqué sur la télé, sur les mots « Bataclan » et « 18 morts ». C’était tout au début et ça me semblait déjà irréel. Malgré le coup que les infos nous ont mis, on les a suivies en s’efforçant de passer quand même une bonne soirée, même si on était choqués de voir le bilan s’alourdir devant nous. Parce que c’est aussi ça, la réaction à avoir, de se dire que ces gens là ne nous enlèverons pas notre bonheur, nos bons moments et notre sourire.

      Et découvrir tes commentaires en rentrant m’a beaucoup touchée. Quand on écrit, c’est aussi toujours en espérant qu’un jour on pourra toucher au moins une personne qui ne nous connait pas, et qui s’arrêtera là juste pour notre écriture. Alors ça me fait très plaisir, que ce soit toi. Merci encore.

      A bientôt et belle journée à Bali. Et plein de coeurs.

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