La Voleuse de Livres – Markus Zusak #1

Je te le dis, parfois, il y a des choses qui mettent vraiment ton mental à l’épreuve. Cette photo, par exemple. Toi tu vas à peine la regarder, parce qu’en fait c’est juste une photo pour illustrer, c’est juste de la déco, c’est comme les jolis couverts sur la table de ces amis qui t’ont invité samedi dernier, tu t’en souviens, de leurs couverts ? Tu pourrais me les décrire précisément, là, comme ça, de tête ? CQFD.

Aujourd’hui donc, pour faire cette photo, il m’a fallu passer par un certain nombre d’étapes. D’abord, j’ai dû ranger mon bureau (tu croyais vraiment que mon bureau était naturellement vide ?), ensuite, il a fallu passer une lingette dessus, parce que je ne sais pas trop ce que c’est comme matériau, mais ça attrape drôlement la poussière (et le chocolat) (cette matière doit avoir un pouvoir d’attraction incroyable sur le chocolat, parce que je ne sais vraiment pas d’où il peut venir, je veux dire, je ne mange jamais de chocolat quand je suis à mon bureau, voyons), ensuite, il a fallu enlever ma Kobo de sa protection, puis l’allumer, la mettre sur la première page du bouquin, et régler la luminosité pour que le fond apparaisse bien blanc. Je l’ai posée sur mon bureau, et je me suis dit que ça faisait un peu triste, la liseuse toute seule. Alors j’ai fait le tour de ma chambre (bon, ok, ça c’était pas très long) et j’en suis revenue avec ce joli petit carnet Hema (qui recèle mes notes de voyage) et cette petite coupelle (ma coloc est vraiment meilleure que moi pour la déco, parce que je n’aurais jamais pensé à acheter cet objet, qui est pourtant très joli comme accompagnement de photo, et posé sur le meuble de ma chambre) (je t’ai dit que c’était ma coloc qui avait fait la déco de ma chambre ?). Bref, une fois tout placé comme il faut sur le bureau propre, j’ai extirpé Sony de son sac (Sony c’est mon appareil photo)(un jour je te parlerai du fait que j’ai donné un nom à tous mes appareils électroniques, mais pas aujourd’hui, j’ai déjà suffisamment l’air dérangée comme ça, là, tout de suite), je lui ai changé d’objectif pour mettre le 35 mm, celui qui fait des jolies photos lumineuses (un jour je te parlerai d’Amsterdam, aussi, mais d’ici à ce que j’ai retouché les photos, la mer aura peut être déjà englouti les Pays-Bas, avec ces histoires de fontes des glaces), je me suis placée debout sur ma chaise au dessus de la scène (je suis sure que tu es en train de m’imaginer faire toutes ces acrobaties juste pour une photo, et que tu te tiens déjà la tête entre les mains), et après avoir fait tous les réglages, j’ai enfin pu commencer à shooter.

C’est à ce moment là, juste après la première photo, que Sony a décidé de me dire que sa batterie était déchargée.

On a donc dû faire avec une photo. J’ai de la chance, elle était pas si mal que ça. J’ai eu peur un moment qu’il n’ait même pas eu le temps de l’enregistrer, mais visiblement, c’était pas encore mon jour de poisse intégrale, j’avais pas fait tout ça pour rien, juste pour une seule photo (ce qui est quand même mieux que rien).

La Voleuse de Livres Markus Zusak

La Voleuse de Livres, cela faisait bien longtemps que je voulais le lire celui-là. Je l’avais téléchargé, il était même déjà dans ma Kobo, mais je ne sais pas pourquoi, je ne l’ai pas ouvert tout de suite (même si on n’ouvre pas une Kobo à proprement parler, ou alors le service après-vente FNAC est pas très content). Je voulais le lire depuis que j’avais vu la bande annonce du film tiré du bouquin, qui m’avait amenée à m’intéresser un peu à cette histoire.

Liesel Meminger est une fillette allemande née une dizaine d’années avant le début de la Seconde Guerre Mondiale. Avec son frère, elle est envoyée dans une famille d’accueil à Molching, dans la banlieue de Munich, où elle sera confiée à Hans et Rosa Hubermann, un couple aussi bien assorti qu’une robe Chanel avec une paire de crocs. Pendant le voyage, le petit frère de Liesel va mourir. C’est ici que commence l’histoire, à cette première rencontre avec la Mort. C’est un point important, car Markus Zusak, dans ce roman, a choisi de faire parler ce personnage particulier, de lui faire raconter toute l’histoire, à travers son vécu, à travers ses sentiments à elle, et à travers le livre de Liesel Meminger, qu’elle aura eu la chance de trouver par la suite, lui donnant alors tous les détails qu’elle ignorait jusque là.

Ici, la Mort n’est pas un personnage antipathique, elle est même étrangement…humaine, et éprouve une affection toute particulière pour Liesel, qu’elle croisera à plusieurs reprises sans l’emporter. Elle nous conte alors l’histoire de cette survivante, de la voleuse de livres, comme un vieil homme pourrait te conter n’importe quelle autre histoire : pas toujours chronologiquement, en te donnant souvent des détails sur le futur ou le passé des personnages, et en te parlant aussi souvent de sa « vie » à elle, de son métier, de ce qu’elle ressent à propos des Hommes, à propos de Liesel et de son entourage. Ce choix de narration donne une dimension très particulière au livre, dérangeante et touchante à la fois.

La Voleuse de Livres, car la mort du frère de Liesel marque aussi le début d’une série de vols de livres perpétrés par la jeune adolescente. En voyant un manuel tomber de la poche de l’apprenti fossoyeur, elle s’en emparera, alors même qu’elle ne sait pas lire, et le conservera précieusement, jusqu’à pouvoir le déchiffrer, jusqu’à ressentir le besoin de posséder d’autres ouvrages.

La vie va donc recommencer pour elle à Molching avec cette nouvelle famille, et l’amitié de Rudy, son voisin et camarade de classe, ainsi que celle, plus tard, d’Ilsa Hermann, la femme du maire. Liesel va aller à l’école, apprendre à lire avec son père adoptif, s’intégrer dans les parties de foot des jeunes de son quartier. Très vite, la guerre éclatera et changera leurs vies. Sa famille aidera un jeune juif, Max, en le cachant au sous-sol. Et on les suivra, tous, pendant qu’ils auront à traverser cette guerre.

Je ne t’en dit pas plus, sache simplement que La Voleuse de Livres est un ouvrage assez imposant, et qu’il contient une multitudes d’histoires aussi passionnantes les unes que les autres. Je l’ai trouvé parfaitement écrit (et je suis extrêmement difficile au niveau du style d’écriture), le choix de faire raconter l’histoire par la Mort donne vraiment une ambiance particulière au livre, la narratrice étant à la fois détachée de l’histoire mais pas insensible à celle-ci, ce qui nous donne la sensation de la regarder d’en haut, et pas vraiment d’en faire partie comme cela pourrait être le cas avec une narration classique, sans pour autant nous empêcher de ressentir une grande compassion pour les personnages.

Ce livre est, à sa manière, un témoignage de la guerre, une dénonciation de la barbarie de l’homme et du régime nazi, mais aussi un récit sur le pouvoir des mots, sur la beauté de l’humanité et de l’amitié. La narratrice le rappelle souvent, elle voit en l’homme et en ses actes à la fois une immense beauté mais aussi une incroyable laideur, et se demande sans arrêt comment il est possible de retrouver ces deux caractéristiques dans la même chose. Ainsi, dans le livre, on oscille régulièrement entre l’horreur et la beauté, entre l’effroi et l’attendrissement. Je n’imagine personne rester de marbre face à cette histoire tant elle est bouleversante.

Je pense que La Voleuse de Livres est un roman qui marque profondément, dont on se souvient toute sa vie une fois qu’on l’a lu, et que l’on conseille longtemps, à n’importe qui capable de lire et en âge de comprendre. Pour sa beauté, pour son originalité, pour la force avec laquelle ce livre nous bouscule, je ne peux que me ranger parmi cette catégorie de gens, ceux qui te regarderont droit dans les yeux avec un air affirmé, et te diront « Lis-le, vraiment, lis-le ».

6 Comments

  1. Alors laisse-moi te dire que je suis complétement abasourdie par la qualité de cette photo. Pour être confrontée plus ou moins au même problème au moment d’illustrer mes billets j’avoue me poser BEAUCOUP moins de questions : un iPhone, un rapide coup sec de la main pour éloigner tous les objets indésirables, un Rubik’s Cube, un livre — c’est le choix du livre qui pose problème en général — et le tour est joué.
    Bref. Je viens de comprendre pourquoi le 8ème lecteur met autant de temps à venir.
    Et je n’en suis que plus admirative de ta conscience professionnelle.
    Super chronique au passage !
    Bises !

    • Hahaha merci ! J’avoue que quand j’ai commencé ce blog je voulais lui donner un côté un peu plus travaillé que l’ancien (même si pour l’instant le design n’est pas encore choisi) et je me suis fixée de toujours faire des photos correctes, donc avec le reflex et retouchées. Mais je stagne aussi à 7 lecteurs, je te rassure ! Bises

  2. C’est vrai ce que tu dis sur « La voleuse de livres », ce livre m’a bouleversé. Je l’ai fini en larmes, je crois que c’est rare que je pleure en lisant. Et puis, à la rentrée, j’avais une élève chouette qui aimait lire, je lui ai prêté, elle a adoré. 🙂 Alors, oui, c’est un livre qui se transmet 😉

    • Contente de voir que je ne suis pas la seule a avoir été touchée par ce livre :-). C’est génial une prof qui prend le temps d’échanger avec ses élèves et de leur prêter/conseiller des lectures en dehors du programme !

  3. J’ai juste ADORE ce bouquin. Il est dans mon top 3 de mes favoris. J’en suis ressortie bouleversée. Et pour une fois, le film ne m’a pas déplu. Au contraire et même si la puissance n’était pas la même qu’à la lecture, je ne l’ai pas détesté.
    Bref, un roman a mettre dans toutes les mains !

    En ce qui concerne les photos d’illustrations, je suis comme toi ! J’ai des tonnes d’idées d’articles, mais je ne sais jamais comment les illustrer. Enfin si, j’ai une idée, mais quand je vois ce que ça donne, je me dis que vraiment, pour la photo, il faut avoir un minimum de talent, et de patience, ce que je n’ai pas ! Je compatis donc à 100% et te propose de créer un groupe « je blog mais je ne sais pas comment illustrer mes articles? » lol

    Merci pour cet article, j’aime beaucoup ton blog, je vais y flâner encore quelques minutes pour découvrir tes autres articles.

    Bisous
    Mélanie

    • Pareil que toi, je l’ai trouvé vraiment bouleversant. Je pense que la longueur du bouquin n’y est pas pour rien, on le suit un moment celui-là et on finit par vraiment s’attacher aux personnages. Il faut que je prenne le temps de regarder le film.

      Tu m’as fait rire avec les photos ! C’est vrai que ça peut être compliqué d’illustrer certains articles et finalement, parfois, je choisis des photos que j’ai prises et pas encore publiées mais qui n’ont pas vraiment de lien avec l’article !

      Merci beaucoup pour mon blog, cela me fait vraiment plaisir qu’il te plaise ! Bisous

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