Laisser filer 2016, accueillir 2017

Bernerie en Retz cabane pêcheur plage océan mer

2016,

J’ai laissé couler le temps, le mois de janvier, pour mettre de la distance entre toi et moi, entre moi et toi, pour réaliser que tu étais bien finie, pour prendre le temps de m’habituer à écrire la date en impair plutôt qu’en pair. 2016, j’ai eu besoin de m’éloigner avant de te dire au revoir, parce que je préférais te faire un signe de la main de loin plutôt qu’une bise amicale.

2016, tu as été une année déstabilisante, une année de repères éclatés, de remises en question, d’idées pourtant indélébiles que j’ai été obligée d’effacer en frottant très fort, en y laissant parfois mes manches. 2016, pendant un an, j’ai été funambule sur le fil que tu as tendu pour moi. J’ai marché en équilibre, sous le soleil, la pluie, contre et avec le vent.

2016, j’ignore encore si dans ma vie, j’ai eu une année aussi extrême que toi. Une année bipolaire. Tu m’as amené à la fois des bonheurs immenses et des peines abyssales. Je pensais qu’après 2015, tu serais l’année de la douceur, l’année qui coule sans bruit du premier au dernier jour, l’année de la tranquillité, de la sérénité. J’avais tord.

Cette année, tu sais, j’ai compris que l’humain était bien plus compliqué que je ne le pensais. J’ai compris que même avec les meilleures intentions du monde, on pouvait commettre des erreurs qui brulaient à vif ceux qui nous aiment. 2016, pour moi, tu as été une vraie réflexion sur le pardon. Qu’est ce qu’on doit pardonner, où doit-on fixer la limite, qu’est ce que ces erreurs veulent dire des gens autour de nous, est ce qu’on peut encore faire confiance après tout ça ? Tu m’as collé beaucoup de questions, mais pas beaucoup de réponses, je trouve.

Et puis tu sais, je me suis rendue compte, aussi, que j’étais très loin d’être guérie de certains traumatismes, que j’étais encore un peu comme un animal blessé, qui ne savait faire confiance vraiment à personne, enfin presque personne. Je me suis rendue compte qu’être une personne sans confiance en l’autre empêche plus que prévu d’avancer dans la vie.

2016, de février à septembre, émotionnellement, tu n’as été que montagnes russes, roulant depuis les bonheurs intenses jusqu’aux océans de larmes dans lesquels tu me jetais. Pendant des mois, je n’ai su que faire, je n’ai su à qui me fier, et je me suis demandé, profondément, ce que je voulais, pour ma vie, ce que je devais garder des ces moments, et les sacs de sable que je devais larguer pour que ma montgolfière reprenne un peu d’altitude, me donne un peu d’air, un peu de temps, un peu de hauteur.

2016, j’ignore si j’ai fait les bons choix, j’ai failli abandonner mille fois, je me suis résignée, je me suis renforcée, et puis au dernier moment, lorsque je n’ai plus supporté la situation, j’ai frappé un grand coup, j’étais prête à tout perdre, j’étais prête à tout gagner. Je ne savais pas où j’allais, je n’avais aucune idée de ce qui allait se passer, mais je voulais tout changer, passer à travers le mur, et j’étais prête à en supporter les conséquences. J’ignore encore comment, j’étais persuadée que j’allais perdre, mais j’ai gagné. Et tu sais, je ne te remercierais jamais assez pour ça, 2016, pour m’avoir donné la force de tout faire changer sur un coup de tête, juste parce que j’en avais marre, quitte à faire exploser mon petit monde en passant. Et tu sais, cette force ne me quittera plus. Je suis toujours prête, maintenant, à refuser de supporter une situation qui me fait souffrir, quitte à perdre beaucoup au passage. Avec toi, j’ai appris à faire des sacrifices pour les autres, mais aussi à dire ça suffit quand j’estimais que j’en avais assez fait et qu’il était temps que ces sacrifices s’arrêtent.

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2016, après ces mois éprouvants, tu m’as réservé une dernière surprise. Tu m’as fait perdre la voix. Depuis des mois, j’ai beau me placer devant ma feuille blanche, je ne sais plus comment la remplir, je ne sais plus comment tourner mes phrases pour qu’elles résonnent bien quand on les lit. Ma chipie d’inspiration s’est vraiment fait la malle, je crois qu’elle est partie faire le tour du monde sans moi, la maligne. Ça m’embête, tu sais.

2016, tu m’as amené des voyages courts mais fabuleux. On a vu la neige toutes les deux, et moi tu sais, la neige, j’aime vraiment ça. Je trouve que ça met de la magie dans la vie. On a marché dedans à Stockholm, et puis en Lituanie. Tu sais, cela faisait longtemps que je n’avais pas fait de vrais voyages, et ces petits weekends d’échappées européennes m’ont fait un bien fou.

2016, surtout, tu m’as accompagnée à Saint Malo, et ça, j’en avais vraiment besoin. Quelque part, je me dis que tu en as fait exprès, de me coller tant d’épreuves à passer au moment où j’habitais dans mon cadre idyllique. J’ai fixé la mer de longues minutes chaque jour, j’ai marché en écoutant les vagues à chaque fois que j’en ai ressenti le besoin. Et tu sais, j’en ai ressenti le besoin souvent, très souvent. Et je crois qu’au plus dur de cette année, ce sont mes heures passées au bord de cet océan qui m’ont permis de tenir sereinement, de me dire en fait on s’en fout, y’a la mer, y’a les vagues, y’a le vent, y’a le sel, et y’a mon bonheur de sentir tout ça, le reste on s’en fout. Tu sais, j’ai aimé Saint Malo peut être encore plus fort que n’importe quelle autre ville, et ça, c’est une jolie surprise que tu m’as faite, 2016.

2016, professionnellement, j’ai aussi appris plein de choses. J’ai eu ce poste désagréable et difficile, mais je l’ai plutôt bien vécu. C’est toujours plus facile de supporter ce genre de choses lorsqu’elles ont une date de péremption. Et puis tu sais, je commence à vraiment bien savoir me faire respecter, et j’en tire une infinie fierté. Il y a eu quelques mois de chômage, après, et puis finalement la chance, le choix. Celui de changer totalement de milieu, totalement de job, et d’aller vers ce que j’aime, vers ce qui m’intéresse, même si j’ai du faire une croix sur un salaire confortable.

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2017, tu arrives là-dessus. Tu arrives après des épreuves, après des larmes et des rires, après Saint Malo.

2017 tu arrives sur un terrain plutôt confortable, tu arrives à Nantes, avec un job plutôt sympa. 2017, dans deux semaines, on partira ensemble au Canada, en hiver, et ça tu sais, j’en rêve depuis des années, même si j’ai un peu peur de mourir de terreur (littéralement) dans l’avion.

2017 je n’espère pas que tu sois douce, que tu coule toute seule. J’ai bien compris que vous, les années, vous ne faisiez jamais ça. Ces derniers jours, tu me l’as d’ailleurs prouvé, que tu ne serais pas de tout repos.

Mais ce n’est pas grave, 2017, il nous reste 11 mois pour nous apprivoiser, il nous reste 11 mois pour définir ce que l’on décide de faire toutes les deux.

Je ne sais pas pour toi, 2017, mais moi, j’ai envie de plus d’art dans ma vie. J’ai envie d’écriture, de photo, de musique, j’ai envie d’oser, oser tout publier, oser travailler sérieusement, oser me dire « Ocilia, de temps en temps, tu fais de bonnes choses, quand même ». Tu sais, 2017, cette année, j’ai envie de ne plus douter. Encore et toujours cette fichue confiance en moi à poursuivre.

Et puis aussi, j’ai envie d’équipe, avec toi, j’ai envie de reprendre le horseball, de voir mes genoux se remplir de bleus, de courir bêtement après un foutu ballon à anses, j’ai envie de chocs, j’ai envie d’y aller à fond, de me jeter sans me poser de questions pour attraper ce que je veux.

Et puis j’ai envie de voyage, 2017, j’ai envie de m’en mettre plein les yeux, plein le cœur. Et aussi, comme toujours, de mer, évidement.

Bernerie en Retz cabane pêcheur plage océan mer

En fait, 2017, maintenant que je me relis, avec toi, il y a une chose qui me tient vraiment à cœur : être moi-même, tout le temps, sans concession.

Aller, viens, on met les voiles.

Et vous, des envies pour 2017 ?

5 Comments

  1. Tes phrases, là, sont vraiment superbes. Ton inspiration n’est pas loin il me semble. <3 je te souhaite toute la douceur possible pour 2017, beaucoup d'air iodé et des sourires par milliers

  2. Que 2017 t’apporte douceur, rêves, et tout plein de choses qui mettront des étoiles par milliers dans tes yeux et dans ton coeur…

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