Le PVT au Canada : deux mois après

coucher soleil mont royal

Ni vu ni connu je t’embrouille, j’avais promis de revenir très vite avec un article racontant mon premier mois au Canada, mais un autre mois est finalement passé depuis. C’est bien deux mois, ça permet plus de recul qu’un seul, et puis j’aurai plus de choses à raconter (comme si je m’étais déjà retrouvée avec des articles trop courts).

J’ai pas mal réfléchi à comment organiser l’article, entre les nouvelles de ma vie et les petits « conseils » spécial pvtistes (ou immigrés au Canada), et je dois vous avouer qu’à cette minute, je n’ai toujours aucune fichue idée de ce que je vais faire. On va donc gérer ça comme d’habitude, à l’inspiration. Je pense que cette méthode d’écriture doit d’ailleurs avoir un lien très étroit avec le fait qu’après des années, vous êtes toujours à peu près 8 à me suivre. Quoi que mon rythme très aléatoire de publication n’y est pas étranger non plus.

Bref, dans l’article précédent, je vous racontais comme on a bien posé les pieds dans cette belle ville de Montréal, au Québec, le 22 mai dernier.

Depuis le 22 mai, j’ai fais une formation pour apprendre à chercher un job, trouvé le fameux job, l’amoureux aussi, et puis il a eu un permis de travail (point essentiel), et enfin, on a fait un petit paquet de festivals, concerts, mangé quelques poutines, et trouvé notre appartement.

Ah oui, on a croisé Ben Harper dans la rue, aussi.

Bref, je vous raconte ça avec les petits trucs à savoir si vous aussi vous avez envie de débarquer à Montréal un jour pour y faire un petit bout de chemin.

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Le logement

Ah le logement lorsque l’on arrive dans une ville lointaine et inconnue, je crois que je pourrais vous en parler pendant des heures, pour avoir essayé à peu près toutes les stratégies possibles et inimaginables.

La majorité des personnes que je connais ici ont choisi la méthode « classique ». Elles ont réservé quelques nuits en auberge de jeunesse et cherché un appartement ou une colocation dès les premiers jours. Pour moi, lorsque l’on vient seul(e), c’est définitivement la meilleure solution. C’est d’ailleurs celle que j’avais adoptée en partant au Chili en 2010.

Nous, on arrivait à deux, et du coup le dortoir nous tentait moyen, il faut bien le dire. Mais on a eu de la chance, on a trouvé une sous location pour trois mois. On loue donc l’appartement meublé d’un étudiant qui est parti en stage à l’étranger. On y trouvait clairement notre compte, puisque cela nous permettait de prendre le temps de voir où l’on allait travailler pour choisir un quartier en fonction, que cela limitait les frais puisque l’appartement est meublé, dispose d’internet, et que les charges sont comprises dans le loyer.

Pour trouver un logement ici, c’est assez simple. Facebook regorge de groupes de locations d’appartements, colocations et cessions de bail, il y a aussi beaucoup d’annonces sur Kijiji, l’équivalent du Bon Coin au Canada. D’ailleurs, c’est aussi via ces canaux que nous avons trouvé notre appartement définitif.

petit lac macpes Quebec Rimouski

Concernant les prix, à Montréal les loyers sont globalement moins chers qu’en France, mais ce n’est pas le cas partout au Canada. Apparemment Toronto est assez cher, et Vancouver est carrément hors de prix. Ici, ça dépend aussi pas mal des quartiers et cela peut beaucoup varier je trouve. Attention tout de même, beaucoup de propriétaires prennent la vague d’immigrants français pour une bonne opportunité et en profitent pour pratiquer des prix excessifs.

Quelques petites choses à savoir, en vrac :

  • les baux ont ici une durée d’un an, et vont généralement du 1er juillet au 30 juin. En pratique, cela veut dire que tout le monde (mais genre tout le monde) déménage le 1er juillet. L’avantage c’est qu’il y a une offre d’appartements incroyable en juin, le désavantage c’est qu’il n’y a plus de camions si l’on s’y prend un peu tard. Et puis cette année on a eu 45°c le 1er juillet, pour couronner le tout.
  • La sous-location est autorisée tant que le propriétaire est d’accord. Et s’il ne l’est pas, il lui faut une bonne raison.
  • La plupart des propriétaires ici ne demandent pas de garants, et il n’y a pas de caution à déposer pour les appartements non meublés (mais il arrive quand même que certains demandent une avance sur loyer, même si c’est normalement illégal). Par contre, il y a un sacré paquet d’informations à donner, car ils procèdent à des enquêtes de crédit pour se faire une idée de la fiabilité du locataire potentiel (on parlera de la carte de crédit canadienne un autre jour, parce qu’elle mérite à peu près 3 articles à elle toute seule) (et surtout parce que je crois que j’ai pas encore vraiment compris comment ça marchait) (ahem).
  • Les appartements sont décrits en fonction du nombre de pièces, la cuisine comptant pour une pièces, la salle de bain comptant pour une demi. On parle donc de 2 1/2, 3 1/2, et on compte souvent la cuisine comme une pièce même si elle n’est pas vraiment séparée du salon. Ça parait compliqué comme ça, mais je préfère ça à ma collègue qui me parle en pieds carrés, là, vraiment, mon cerveau de française beugue.

Ça peut faire peur comme ça, mais c’est vraiment facile de trouver un appartement à Montréal, en fait. Sauf si vous avez des animaux, là ça devient compliqué.

Le travail

Là, on arrive sur le sujet qui nous faisait le plus peur. J’avais lu un tas de témoignages disant que c’était compliqué de trouver à Montréal, qu’il fallait souvent passer par un travail alimentaire dans un premier temps, que nos diplômes n’étaient pas reconnus, etc…

De mon côté j’ai un diplôme qui n’existe pas au Canada (oui, on ne peut pas être ingénieur en biologie, ici), un autre qui n’est reconnu officiellement nul part, et ma carrière est jusqu’ici un énorme zig zag, qui peut définitivement ressembler à une sorte de jolie balade erratique lorsque l’on la déroule de manière chronologique (non chronologique aussi, d’ailleurs). En plus, j’ai pas vraiment un profil en pénurie, je suis dans le marketing, quoi.

Autant vous dire, j’étais mal barrée et je m’étais pas mal préparée à aller servir des cafés 2 ou 3 mois au Starbucks ou équivalent, sachant qu’au vu de mes dispositions naturelles, je serais surement vraiment mauvaise pour servir des cafés (l’amoureux vient d’éclater de rire en lisant ce passage, confirmant bien ce que je viens de dire, c’est très vexant).

L’amoureux, lui, c’était à la fois pire et mieux. Il est ingénieur en informatique, donc un profil recherché, mais il fallait absolument qu’il trouve une entreprise prête à payer pour lui faire un permis de travail, vu qu’il n’en avait pas (quelle idée).

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J’ai trouvé du travail en trois semaines. Un travail qualifié, différent de ce que j’avais fait jusque là, et pour lequel je n’avais pas postulé, en plus.

L’amoureux a trouvé du travail et réussi à obtenir un permis Jeune Professionnel en deux mois.

Autant vous dire, de son côté comme du mien, ce fut relativement (et étonnamment) facile.

Je pense que ce qui a pu jouer en notre faveur, par rapport à d’autres personnes qui pourraient avoir plus de difficultés, est notre expérience professionnelle de 5-6 ans chacun. Je pense aussi que, curieusement, nous avons un CV qui colle mieux à l’état d’esprit canadien qu’au français. Là où j’ai toujours dû justifier et compenser mes expériences diversifiées et mon parcours non linéaire en France, il s’est avéré être mon gros point fort, et l’une des raisons de mon embauche à Montréal. Mes diplômes ont totalement laissé mes employeurs de marbre, alors que mon côté débrouillarde et curieuse a énormément plu et les a poussés à me proposer un poste qui ne correspond pas du tout à ce que j’ai fait jusqu’ici. Du marketing et de l’accompagnement de chef d’entreprise, je suis passée à la conduite de la mise en place d’une plateforme de gestion informatique dans une association. Rien à voir, je sais.

En vrac, toujours, quelques petites astuces et observations :

  • LE truc à faire quand vous arrivez en PVT à Montréal, c’est vous inscrire aux ateliers gratuits de la CITIM. Cela dure quatre jours et vous apprend un tas de choses sur l’esprit québecois, la façon de chercher du travail, l’installation et la vie au Canada, ainsi que sur les programmes d’immigration accessibles après le PVT. En prime, si on est sympa, on se fait des amis. Je sais qu’on a un peu la flemme d’y passer quatre jours entiers, mais vraiment, c’est très très, très très très bien.
  • Je suis un mauvais exemple parce que j’ai trouvé mon job via une offre d’emploi (et finalement été embauchée pour autre chose), mais ce qui marche ici pour trouver du travail, c’est le réseautage. Oui, je sais, moi non plus j’aime pas ça, mais ça marche. L’amoureux a trouvé comme ça, et puis pour en avoir fait quelques uns, je vois aussi toute la puissance de cette technique. Bref, ne faites pas comme moi, ne vous contentez pas de répondre aux offres. Pour trouver des 5 à 7, vous pouvez aller vous balader sur Meetup, ou alors sur Facebook, il y en a tellement que l’on ne sait plus où donner de la tête.
  • L’état d’esprit ici au travail est vraiment différent de ce que l’on trouve en France. Pour généraliser, parce que bien évidement ça reste différent selon l’entreprise, la confiance est nettement plus forte ici. Personne ne surveille vos horaires, personne ne supervise ce que vous faites. Le pendant de ce truc là, c’est que personne ne vous sauve si vous faites de la merde et que vous ne demandez pas d’aide, donc vous avez intérêt à vous gérer pour faire le travail dans les deadlines. Personnellement, ça me plait comme manière de travailler, mais je dois avouer que mes deux premières semaines en roue libre face à une plateforme que je ne connaissais pas et à la chasse aux informations m’ont provoqué quelques cheveux blancs.
  • Globalement, les français ont plutôt bonne presse dans le monde du travail à Montréal. On est réputés plutôt efficaces et rigoureux. Faisons en sorte que ça dure.
  • Sachez aussi que vos collègues québecois vont se foutre de votre gueule chaque fois que vous prononcerez un mot anglais. Comme les noms des séries sur Netflix, Tupperware, ou Richard Gere. C’est vexant, mais c’est comme ça, on fait avec et on s’adapte.

petit lac macpes Quebec Rimouski

Le coût de la vie à Montréal

Je commence cette section sans vraiment trop savoir ce que je vais vous raconter. Pour tout vous dire, je n’arrive pas à savoir si la vie est plus ou moins chère à Montréal qu’en France.

Il y a beaucoup de différences au niveau des prix ici et les budgets sont pas mal redistribués entre les postes de dépense. Les loyers sont moins chers, la téléphonie et internet hors de prix. J’ai la sensation que la nourriture est un poil plus chère, par contre les sorties dans les bars et restaurants le sont moins. Il y a énormément de loisirs gratuits ou d’offres, donc on dépense assez peu de ce côté là.

Et puis globalement, les salaires sont quand même un poil plus élevés, voire beaucoup plus élevés si vous travaillez dans un milieu recherché.

J’aurais du coup tendance à dire que c’est plutôt kif-kif, peut être même que le pouvoir d’achat est un peu meilleur ici.

Et le climat alors ?

Ah oui, le climat. Je pourrais vous parler de l’hiver d’ici quelques mois, mais sachez que j’ai peur, vraiment. Je veux dire, j’étais déjà terrorisée par la neige à l’époque où je suis partie à Besançon (mais maintenant je sais conduire dessus, au moins), mais là, c’est quand même une autre paire de manches. Bref, on va garder ce sujet là pour plus tard.

Mais je peux vous parler de l’été, parce qu’il m’a pas mal surprise. J’étais déjà venue au Québec en été, donc je savais qu’il pouvait faire chaud, mais honnêtement, je ne m’attendais pas à ça. En fait, la température de base est celle de toute grande ville continentale de cette latitude, on oscille de 20 à 35°c.

petit lac macpes Québec

Sur le papier.

Parce que c’est sans compter l’humidex, sympathique concept dont j’ai appris l’existence le jour où j’ai compris qu’on pouvait tomber amoureux d’une climatisation.

L’humidex, c’est une petite formule que les canadiens ont inventée pour faire peur aux français, je pense. En très simplifié, c’est un calcul qui prend en compte l’humidité de l’air et la température pour arriver à une estimation de la température ressentie. En gros, quand l’air est humide (ce qui est le cas à peu près tout le temps à Montréal), la température est de 35°c, mais la température ressentie est, elle, de 45.

J’ai voyagé dans les Antilles, pourtant, mais je n’ai jamais été au bord du malaise comme j’ai pu l’être en juillet ici. Même en pleine nuit, il faisait une température à crever. C’en est presque à prier pour que l’hiver arrive en plein mois de juillet.

Bref, on est en août, et la température est nettement plus vivable depuis le début du mois. Si je peux vous donner un ou deux petits conseils si vous arrivez à Montréal avant l’été : 1/ achetez au moins un ventilateur, 2/ faites attention à prendre une chambre qui n’a pas de grandes baies vitrées prenant le soleil le matin, je vous jure que se réveiller à 7h du matin complètement déshydraté, c’est moyen le fun.

Et puis le reste

On est pas parfaits et on a fait une foule d’erreurs, mais s’il y a bien une chose de laquelle on se félicite tous les jours, c’est d’être arrivés en mai.

Le climat est cool, les gens sortent, passent du temps dehors, ça aide vraiment aux rencontres, et surtout, il y a un million de trucs à faire.

Friendly Frogs Freak Show l'escalier Montréal

Premièrement, de juin à début août, la Place des Arts est en effervescence. Plusieurs festivals se succèdent : les Francos, le Festival international de Jazz, Nuits d’Afrique, et Juste pour rire. Tous ces festivals ont une organisation géniale : les spectacles en salle, avec les têtes d’affiche, sont payants, mais toutes les scènes extérieures (jusqu’à 6 scènes pour les Francos) sont gratuites. Pour le prix de quelques boissons, on peut donc profiter de concerts ou spectacles hyper sympas, d’artistes canadiens ou étranger, parfois vraiment connus, et ce pendant plus d’un mois !

Autre évènement du coin, la parc d’attraction de la Ronde organise tous les ans l’International des Feux Loto-Québec. De début juillet à début août, entre une à deux fois par semaine, on peut donc profiter de feux d’artifices tirés depuis le parc.

En mettant de côté les festivals payants type Osheaga, il reste aussi une tonne de petits évènements organisés par-ci par là, dont beaucoup regroupant des foodtrucs ou des stands de bouffe du monde entier. J’ignore ce que les montréalais ont avec la bouffe, mais c’est définitivement un attachement puissant. C’est souvent à thème (les Caraïbes, le Japon, etc…) et très sympa, ça vaut définitivement le coup d’y faire un tour.

Je me rends compte en écrivant tout cela qu’il me reste encore un tas de trucs à essayer avant la fin de l’été. Cela vous dirait un petit article fin août ou courant septembre récapitulant tout ce que l’on peut faire à Montréal en été ?

En attendant, j’espère que le votre est aussi riche et un peu moins chaud, et je vous souhaite un beau mois d’août.

2 Replies to “Le PVT au Canada : deux mois après”

  1. J’aime toujours autant te lire et lire tes péripéties !
    Comme tu me donnes envie de voyager, de découvrir d’autres lieux mais surtout de décamper de France, et ça c’est pas sympa 😉

    Profitez bien, et rien dans ce que vous vivez vient de la chance, ni du hasard… C’est le fruit d’un travail de plusieurs années alors ENJOY !
    Bises (on dirait que j’ai 40ans quand je dis bises)
    Mélanie

    1. Hahaha Mamie Mélanie !
      Merci de me lire depuis maintenant un petit paquet de temps et ça me fait plaisir que cela te plaise ! J’espère que tu découvriras vite plein d’autres lieux, et n’hésite pas à passer à Montréal un de ces jours !
      Bises

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