Le Canada, et les premiers pas sur la neige

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J’attendais ce voyage au Canada avec un mélange ambivalent de hâte et d’appréhension. Tu sais, moi j’ai un peu, beaucoup, peur de l’avion. Et mon dernier vol long courrier date de mon expatriation au Chili, en 2010. Une éternité.

Et puis j’avais un peu peur du froid, aussi. J’ai jamais trop aimé ça, le froid, mais en même temps, le Canada en hiver, j’en rêvais depuis des années. 15, pour être exacte. La moitié de ma vie. Il m’a fallu une moitié de vie pour revenir sur ces terres que j’avais tant aimées, cette fois-ci en hiver.

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Et puis.

Et puis monter dans l’avion, s’abrutir de films, éviter de penser aux turbulences qui nous secouent, éviter de se remémorer ce film de début d’année, celui de Clint Eastwood, avec Tom Hanks.

Être heureuse d’arriver, fouler du pied le sol canadien. Aimer, encore plus, ce moment où l’on sort de l’avion, et où d’un coup, l’air calibré de la cabine est remplacé par l’air du pays d’accueil, comme ça, sans prévenir. Et découvrir enfin le Canada en hiver.

Sentir tout ce froid. Dire qu’en fait c’est pas si pire, bien couvert, on est bien dehors, en fait. Prendre la route.

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Assister au plus joli mariage auquel on a jamais assisté, rencontrer ces gens fabuleux aux accents chantants, ces gens si particuliers avec lesquels les barrières sautent, avec lesquels on ne parle pas de choses superficielles. Quelques minutes, quelques heures peut être, observer, écouter en silence la danse bruyante des personnes invitées, voir les sourires, et ces inconnus qui, le temps d’une journée, d’une soirée, se retrouvent réunis. Le lendemain matin, les regarder encore, silencieusement. Se lover dans ce calme, dans cette quiétude, dans cette chaleur des petits déjeuners qui se préparent à 10. Garder bien au chaud, au fond de son coeur, pour plus tard, la douceur qui se dégage de ces moments si particuliers. Sourire, et remercier silencieusement ces inconnus. Juste pour être eux-mêmes, juste pour être là.

Et puis accumuler les premières fois. La balade en raquettes, la motoneige de nuit par -23°c, le patinage sur un lac gelé, le jacuzzi extérieur par -10°c, la luge, le ski de fond, la balade en chiens de traineau.

Crever de bonheur.

Voir plus de neige en une journée qu’on en a jamais vu dans toute sa vie. Essayer d’y poser un pied, s’enfoncer jusqu’à la taille. Rire, et laisser les autres rire de nous.

Marcher sur un lac gelé. Penser à ce roman qu’on a lu l’hiver dernier, qu’on a détesté mais qui a quand même laissé un petit souvenir, une petite envie, celle de voir un paysage tout blanc, un lac sur lequel on peut faire passer une voiture, une voiture tu te rends compte. Et se dire que ça y est, c’est fait, on l’a vu, nous aussi.

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Sourire, encore et encore.

Être la première à laisser sa trace, sa trace de pas sur cette étendue blanche, lisse, magnifique. Avoir la sensation d’avoir un peu sali la nature, quand même. Lui demander pardon. Pardon joli champ tout blanc, je sais que tu étais vraiment beau, tout immaculé comme ça, j’ai juste eu envie d’être la première à fouler ta neige, d’être la seule à laisser ma trace quelque part.

Regarder toute cette neige et penser à toute la vie cachée juste dessous, à toute cette vie dormante qui s’éveillera bientôt. La voir dépasser un peu, çà et là. Des roseaux qui indiquent les marécages, des petits sapins presque totalement recouverts, l’eau qui se fraie un petit chemin entre la glace, pour dire hey, je sais, tu veux me geler entièrement, mais regarde, je suis toujours là.

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S’émerveiller face à la lumière du matin, du midi, de l’après-midi sur la neige, dans les arbres.

S’habiller chaudement et sortir vite vite vite. Laisser la maison ouverte, toujours. Rentrer et tout enlever aussi vite. Prendre 50°c dans la figure entre le dehors et le dedans.

Regarder les biches, les cerfs, les écureuils passer. Les photographier. Espérer très fort voir un orignal avant de rentrer en France.

Et puis.

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Et puis il y a eu la première poutine, le premier repas québecois, sur la route, dans ce routier un peu pourri. Il y a le sirop d’érable partout, tout le temps. Il y a les petits déjeuners sucrés-salés-comme tu veux. Il y a ces bonbons que j’adorais il y a 15 ans déjà, que je me suis empressée d’acheter dans le premier supermarché sur ma route.

Et puis.

Et puis dans la chaleur du foyer, t’écrire ces quelques lignes, et rêver à la semaine qu’il reste encore ici.

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3 Comments

  1. De magnifiques photos.Que de beaux souvenirs à garder pour les jours « sans »….. Profite un max….

  2. aaah la neige québécoise…les chalets, les lacs gelés et les feus de cheminée! Trop beau et tellement bien dit que ça me fait frissonner d’ici…

  3. Que de douceur et de calme dans ce texte….
    plein d’amour, de bien être, de bonheur….
    je voudrais être avec toi !
    Mille bisous

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