Oh là là, 2017

canada quebec photographie voyage neige hiver

Oh là là, 2017, si l’on m’avait dit.

Si l’on m’avait dit, le premier janvier, tout ce qui allait m’arriver cette année, je ne l’aurais jamais cru.

Si l’on m’avait dit quels défis j’allais me lancer, dans quels projets j’allais m’embarquer tête baissée, et surtout comment j’allais les vivre, j’aurais ri en disant que l’on parlait d’une autre personne.

Si l’on m’avait raconté les voyages, les surprises que je n’attendais plus, les bouleversements à venir, si l’on m’avait dit comme j’allais évoluer, moi, à l’intérieur, comme j’allais comprendre des choses, en réapprendre d’autres, grandir encore un peu, je crois que j’aurais pris peur, quand même.

Oh là là, 2017, comme j’ai vécu toutes les émotions du monde, avec toi, en 365 petits jours de montagnes russes. Je te l’avais dit, je n’attendais pas que tu sois douce, je savais déjà que tu ne le serais pas. Et quand je relis mon article de l’an dernier, je me dis que je t’avais bien senti venir, quelque part. Je t’avais bien senti venir et à la fois pas tout. Parce que finalement, 2017, avec toi, je pensais construire, doucement, patiemment, pas à pas. Je pensais construire plein de choses, laisser pousser mes racines un peu plus profondément. Et même si d’un côté je l’ai fait, 2017, tu as quand même un goût d’explosion, un goût de démolition.

2017, en janvier, j’ai commencé à un nouveau poste, je me suis lancée là où je n’avais aucune expérience, là où je n’avais aucune confiance en moi. Et j’ai adoré. J’adore toujours. Ce poste, tu sais, c’est une multitude de rencontres, de mains tendues, un océan de sourires et de la bonne humeur à longueur de journée. Tu sais, 2017, à ce poste là, j’ai l’impression de vraiment jouer un rôle pour aider le monde à devenir ce que j’ai envie qu’il soit. Alors oui, parfois il y a des gens qui me tapent sur le système, il y a des réunions bie

n trop tôt le matin, ou tard le soir, il y a ma vue qui se trouble quand à 21h, je dis au revoir aux derniers alors que j’ai commencé à 7h le matin, mais il y a aussi tous les mercis, tous ceux qui s’inquiètent de me déranger à chaque service demandé, tous ceux qui sollicitent mon avis sur des sujets importants et l’écoutent attentivement, tous ceux qui me prennent ma caisse ou le thermos de café des mains, à 7h15 le matin, pour l’amener eux-même en salle de réunion.

Et puis tu sais, 2017, je crois que ce poste me permet de réaliser une chose merveilleuse. On peut rêver grand, pour de vrai. On peut rêver plus grand que ce que j’imaginais. Et même, parfois, si l’on travaille dur, on peut faire en sorte que nos rêves se réalisent. J’ai vraiment beaucoup de chance, en fait, parce que même si souvent je vois que c’est dur, et que parfois ça échoue, je vois des gens réaliser leurs rêves, tous les jours. Et c’est mon travail de les aider, en plus.

la bernerie en retz plage

2017, on n’est qu’en février, et déjà tu deviens magique. C’est un vendredi soir et on atterrit au Canada. Il fait tout froid, tout noir, mais on devine le manteau blanc, partout. Il ne nous quittera pas pendant deux semaines. Deux semaines pendant lesquelles on a tout fait pour en profiter un maximum. Alors on a randonné en raquettes, j’ai râlé pendant trois jours parce que je comprenais rien au ski de fond, on a fait de la motoneige en pleine nuit, marché sur un lac gelé. On a profité d’un jacuzzi extérieur par moins quinze, même qu’on s’est roulés dans la neige en maillot de bain pour rigoler. Et puis on a réalisé un de mes rêves en partant deux heures en balade avec des chiens de traineau. Et même si je garde un souvenir effroyable de ces 40 minutes où j’ai eu le contrôle du traineau, et où la seule chose que j’ai réussi à faire c’est nous envoyer dans un fossé en mettant du bleu sur mes genoux, je chéris ce souvenir comme l’un des meilleurs de ces trente dernières années. On a fait du traineau à chien, bordel, 2017.

Et puis en février, on a vu des chevreuils, on a vu des orignaux, et puis on a eu des oiseaux qui sont venus se poser dans nos mains pour grignoter ce qu’il y avait dedans. Et depuis, je poste des millions de photos de neige, de sapins et d’animaux sur Instagram.

Canada Quebec neige hiver chevreuil

Il n’y a qu’une chose, 2017, une seule qui est venue entacher la magie de ce mois de février, c’est l’enterrement de Mamie, tu sais. C’était triste, il pleuvait, il y avait du vent, alors ils n’avaient pas pu ouvrir le caveau de famille. J’ai vu ma Mamie disparaitre dans un trou, et ça, ça m’a hantée quelques semaines.

2017 on est rentrés du Canada sur un petit nuage, et mars est passé tout seul. Début avril aussi.

Presque. Parce que début avril, tu m’as pris une amie d’enfance. Une amie qui ne verra jamais 2018, qui ne verra jamais ses trente ans. Le six avril, elle aurait dû fêter son anniversaire. Et moi, le 6 avril, j’ai laissé couler mes larmes silencieusement en regardant danser les gens, en pensant à elle.

C’est pas de ta faute, 2017, je sais. Mais depuis je pense à elle, tout le temps, et je trouve la vie injuste, vraiment injuste.

Et puis il y a eu le 20 avril.

Ce jour là, un mail est arrivé dans ma boite. Un mail que je n’attendais plus. Un mail qui allait changer ma vie, bouleverser tout ce que j’avais prévu pour la suite. Je pensais sauter de joie le jour où je le recevrais, mais en fait j’ai crevé de peur. J’ai crevé de peur et j’ai regretté de l’avoir reçu, sur le coup. J’ai regretté pendant des mois, après, d’ailleurs.

canada quebec photographie voyage neige hiver

C’était ça ta surprise, hein, 2017, avoue. Tu ne voulais pas te dérouler comme je l’avais pensé, tu ne voulais pas me laisser tranquillement construire les choses, souffler. Tu voulais me bousculer en m’offrant ce dont je rêvais depuis des années. Et tu savais, tu savais que j’en mourrais de trouille, mais que je prendrais quand même. Tu avais prévu l’explosion, la démolition.

On ne laisse pas passer les chances comme celles-ci.

Alors j’ai pris, et ça a foutu le bordel. Ça a foutu le bordel dans ma tête, ça a foutu le bordel dans ma vie. Et le tempête est arrivée. Il y a d’abord eu les nuages, puis le vent, et puis juin, l’ouragan.

Il parait qu’il faisait beau en juin, qu’il faisait chaud. Moi j’étais dans le noir, j’étais dans le froid. Je ne dormais plus, je ne mangeais plus, j’avais les yeux mouillés en permanence. En juin, pendant que tout le monde était à la plage, moi je me battais dans l’œil du cyclone, je ne voyais plus rien, je souffrais juste, c’est tout.

J’aurais voulu que tu m’épargnes ça, quand même, 2017. C’était un peu trop, trop dur, trop fort, et j’ai cru mourir un peu en dedans. J’ai cru plonger beaucoup trop loin. Couler.

Et puis finalement, je suis remontée. Début juillet, j’ai trouvé une bulle d’air en profondeur, et doucement, j’ai regagné la surface.

Fin juillet, il y a eu trois jours en Bretagne, comme une petite parenthèse, et il y a eu le surf.

Le guilvinec Bretagne port phare

J’ai définitivement touché la surface et repris ma respiration en août, je crois. J’étais épuisée, angoissée, il n’y avait plus que des doutes en moi, des doutes et de la peur.

Alors tu m’as offert Amsterdam, 2017. Amsterdam, sa douceur, cette ambiance que j’aime tant, sa sérénité.

Ma sérénité.

Oh là là, 2017, si tu savais comme j’en avais besoin, de cette pause néerlandaise, de respirer, de ralentir.

Et Amsterdam m’a rendu le sourire. Toutes mes vacances d’été m’ont rendu le sourire, d’ailleurs.

Après ces mois à lutter, si tu savais, si tu savais comme j’en avais besoin, de ces jolies vacances.

Amsterdam Pays-Bas canaux maisons

Alors septembre, septembre j’ai repris le chemin de mon bureau, et puis le dimanche, on a pris le chemin de la Vendée, pour aller surfer. Et puis pour voir la mer aussi, tu sais comme j’aime la mer, comme j’en ai besoin.

Septembre octobre novembre décembre, comme un automne en tourbillon, avec un goût d’eau salée en fond.

Tu sais, 2017, tout s’est mélangé en cette fin d’année passée trop vite. Il y a l’angoisse latente du changement à venir, de ce gros projet qui prend forme, de cet inconnu qui se rapproche. En 2018, il faudra plonger dedans tête baissée, à l’aveugle mais les yeux grands ouverts. Ne rien rater. Il y a nos dimanches ensoleillés-nuageux-venteux-houleux, où l’on retrouve ces nouvelles personnes de nos vies pour partager nos vagues, nos chutes, nos réussites, nos difficultés, et puis après, notre gouter.

Comme des enfants.

Comme une enfant, j’ai repoussé les limites, j’ai affronté mes peurs. Les vagues arrivent, puissantes, me secouent, et malgré l’angoisse, j’y retourne, planche sous le bras, cagoule sur la tête. J’ai froid mais j’y vais quand même. L’image de sirène de la surfeuse Instagram s’est finalement transformée en otarie, tout de noir vêtue, affrontant le froid vendéen.

C’est ça le surf.

Saint Gilles Croix de Vie plage dunes surf

Oh et puis novembre. Novembre et mes 50 000 mots. Novembre et cette histoire qui me trottait en tête depuis des mois. Novembre et ces heures d’écriture tous les jours.

Je ne sais pas ce qu’il m’a pris, 2017, quel tour tu m’as joué. Mais novembre, je ne l’attendais pas, et c’était merveilleux. C’était merveilleux de découvrir le plaisir d’écrire une histoire inventée, de voir les mots défiler sur mon écran, les phrases se délier, les idées fuser. Je suis sûre que c’est un peu toi qui me soufflais tout ça à l’oreille, 2017, ça ne pouvait pas juste venir de moi toute seule, pas toutes ces choses.

Quel défi, quel défi me suis-je lancé lorsque j’ai posé les premiers mots de ce roman. Quelle angoisse j’ai eue le premier jour, en regardant mon pc, me disant non non, pas tout de suite, je vais petit déjeuner d’abord, et puis faire ci ou ça, juste le temps d’oublier qu’écrire une histoire, ça peut se rater, ça peut être difficile. Si tu savais à quel point j’ai peur qu’elle soit mauvaise, à quel point j’ai peur de ne pas lui donner les mots qu’elle mérite.

Mais si tu savais aussi, comme je me suis sentie forte, le jour où j’ai compris que ces 50 000 mots, je pourrais les écrire, j’en serais capable.

Oh et puis toute l’année, en filigrane, il y a eu Manu. Manu qui me réserve une heure par semaine, Qui me regarde avec patience essayer, tomber, lâcher, m’énerver, rire, rater, et finalement, jouer. Qui m’aide, tous les mardis midis, à maitriser un peu plus cet instrument que j’aime tant. Manu qui s’adapte à ma forme du jour, me colle de la technique les jours où ça va, et des morceaux pour me remonter le moral les jours où ça ne va pas. Qui se cogne tous mes caprices, et qui sourit en m’entendant dire hey mais dis toi t’as deux crash et moi j’en ai qu’une, j’en veux une autre, aussi, c’est pas juste, et qui m’apporte ma deuxième crash, parce que quand même, c’est plus facile, des fois, avec deux crash.

Oh là là, 2017, je suis tellement contente que tu aies mis Manu sur mon chemin, parce que je n’ai jamais fait autant de progrès, jamais eu autant confiance en moi devant ma batterie qu’avec lui.

canada quebec photographie voyage neige hiver

Et puis finalement, décembre s’est posé comme une feuille morte sur le tapis de l’année. J’ai ouvert les yeux après un mois de marathon d’écriture, et j’ai compris que tu étais bientôt finie. J’ai couru un peu partout, ce mois-ci, entre mon emploi du temps professionnel et ces cadeaux à trouver pour ceux que j’aime. J’ai eu un mois de pause à rattraper, tu sais.

Décembre a coulé sans bruit, on est arrivé au 24 comme ça, en un claquement de doigt, et soudain, j’ai réalisé qu’il fallait que je profite de ma famille, comme un besoin vital.

Quel Noël, 2017, quel noël. Il était doux, il était drôle, il était cocasse. Celui-ci, c’est sûr, je m’en souviendrai. Et s’il fallait le refaire, je ne changerais rien, j’en profiterais juste encore un peu plus.

Et puis décembre, 2017, décembre j’ai fait la paix avec 2018, j’ai arrêté d’avoir peur d’elle, d’avoir peur de ce bouleversement. J’ai passé des mois à me demander si je faisais vraiment le bon choix, si je devais vraiment m’embarquer là-dedans. Je doutais de tout, j’avais terriblement peur de cet inconnu, de ses conséquences possibles, surtout.

Je n’ai plus peur, 2017. En décembre je sais que j’ai fait le bon choix, je suis sûre d’en avoir envie. Et mieux encore, je suis sûre que ce choix sera déterminant dans ma vie. Que plus tard, bien plus tard, cet évènement sera l’un des plus importants de tous, pour moi.

Oh là là, 2017, je ne te regrette pas. Je t’avoue que je me serais bien passée de certains moments vraiment difficiles, de ce mois de juin qui m’a mise au fond du trou, de ce 6 avril et de son rappel Facebook qui m’ont fait fondre en larmes. Mais s’il fallait choisir entre te garder ou t’effacer, je te garderais, 2017, sans aucune hésitation.

Merci pour tout, ou presque.

photographie la Bernerie en Retz plage changement

4 Comments

  1. Quel beau récit… Je t’envie d’avoir eu une année aussi riche en évènements (du moins pour les évènements positifs, pour les autres évidemment, je ne peux qu’être désolée pour toi…). J’espère un jour avoir une année de ce genre, ne serait-ce qu’une…
    Le grand bouleversement de 2018 je pense savoir ce dont il s’agit, tu m’en avais parlé en privé sur Twitter. Contente pour toi que les choses aillent dans un sens qui te réjouit, même si je comprends ton appréhension, à ta place je serai pétrifiée (pour être honnête, à ta place j’aurais décliné, je ne suis qu’une trouillarde…).
    Et ces 50.000 mots, ils sont lisibles quelque part…? O:)

    (PS : Tu vois, j’ai tout lu, en une seule traite !)

    • Hello ! Et bonne année !
      Je suis certaine qu’en regardant bien, il s’est passé plein de choses dans ton année, peut être plus en toi qu’à l’extérieur, mais parfois c’est nécessaire aussi !
      Les 50 000 mots attendent sagement leurs copains, ils seront peut être lisibles par la suite…
      Je te souhaite une année 2018 bien remplie, et surtout de bonheurs.
      Bises

  2. Elle est si joliment racontée cette année 2017, je te souhaite que l’année 2018 t’apporte plus de jolies parenthèses que de moments sous l’eau 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *