Le Piège Blanc, l’aventure d’Alban Michon et de Vincent Berthet au Groenland

le Piège Blanc Alban Michon Vincent Berthet

Je suis une grande amatrice des récits d’aventure. De préférence des vrais, parce que je reste toujours muette d’admiration face à des hommes et/ou femmes qui ont le mental pour vivre pendant des semaines ce que la majorité des êtres humains ne supporterait pas plus d’une journée. J’aime la façon qu’ont ces personnes de voir le monde, la façon dont ils nous le font voir aussi. Et surtout, je suis ébahie devant le courage et parfois l’inconscience qui les pousse à se dépasser comme ils le font.

L’aventure et moi, par contre, on s’aime bien mais à petite dose, s’il vous plait. Je crèverais d’envie d’être une dingue capable de traverser la Mongolie à pied avec une tente sur le dos. Mais honnêtement, si un jour je décide de randonner en Mongolie, ce sera sur le dos d’un cheval qui porte tout pour moi, et je ne traverserai surement pas le pays (je serais probablement décédée avant, surement d’un accident causé par ma maladresse légendaire, de toute façon).

Bref, l’aventure c’est rigolo, mais dès que ça dépasse la semaine, j’appelle plus vraiment ça une aventure. Ça devient plutôt une galère, en fait, dans mon vocabulaire.

En plus, mon potentiel d’aventurière est définitivement corrélé à la température extérieure. J’entends par là que c’est drôlement plus facile de faire un road trip à Cuba en prenant des douches froides (sache que la douche chaude est un fait rare par là-bas) que de se faire une expédition en bus et en auberge de jeunesse sans chauffage en plein hiver au Chili. Et je te dis ça parce que j’ai testé les deux. Quoique maintenant que j’y repense, on s’était quand même bien marrées en galérant une bonne heure pour allumer le poêle de l’auberge, qui s’était révélé totalement décoratif, puisque la température intérieure n’a pas décollé d’un millième de degré. En tout cas on s’était bien plus marrées ce jour là que le lendemain, quand on s’est retrouvées en pleine nuit dans une rue en ruine, avec des gens qu’on ne connaissait pas qui nous poussaient vers un escalier sombre et étroit, pendant qu’un chien nous grognait dessus sans discontinuer. Pour couronner le tout, un visiteur s’était amusé à détrousser toutes les chambres de l’auberge de ce deuxième soir (il faudra vraiment que je te raconte mon weekend d’aventure chilien entre Isla Negra et Valparaiso, c’est le genre d’histoire que tu vois dans les journaux sous le titre « Deux françaises sauvagement assassinées en Amérique Latine », sauf qu’en fait les gens étaient plutôt gentils, c’était juste un concours de circonstances un poil louche).

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Probablement aussi que mon aversion pour le froid est due au fait que je tombe malade dès que la température descend en dessous de 5°c. J’ai beau mettre des écharpes, des bonnets, des gants, des sous-pulls de ski, des pulls en laine et ne pas oublier ma capuche, dès qu’il fait froid, je commence à tousser, puis à avoir mal à la gorge, et puis paf, j’ai une pneumopathie, une sinusite, une bronchio-quelque-chose, enfin tout ce que tu peux trouver qui cumule toux, respiration difficile, incapacité à faire plus de 5 pas sans m’arrêter pour reprendre mon souffle, fièvre, etc…

(Je viens de réaliser que je pars 2 semaines au Canada en février)

Bref, je ne suis pas là pour parler de moi. Enfin, c’est mon blog, quand même, et puis tu sais, je suis incapable de parler d’un sujet s’il ne résonne pas en moi, et donc comme ça résonne en moi j’aime bien expliquer pourquoi, du coup ça m’amène à te raconter des histoires à rallonge sur les trucs pas toujours très intéressants qui me sont arrivés (bien que je pense que mes minis aventures en Amérique Latine sont probablement l’un des trucs les plus intéressants que je puisse raconter).

Tout ça pour dire, ces différentes limites personnelles m’amènent à vouer une admiration sans bornes aux aventuriers de l’extrême, probablement parce qu’ils gèrent sans même lever un sourcil des situations qui m’amèneraient à me rouler en boule par terre en pleurant et en réclamant ma maman (ce qui serait la pire chose à faire, on est d’accord)(je dis ça pour le style, mais au final j’ai toujours pensé qu’on ne sait jamais comment on va réagir dans une vraie situation de crise, et il m’est arrivé de me surprendre moi-même par mon sang froid à certains moments)(mais pas du tout à d’autres).

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J’en arrive donc là où je voulais en venir (alors que la longueur autorisée par la police des billets de blog me forcerait normalement à stopper là). Il y a quelques années, j’étais tombée totalement par hasard et restée complètement scotchée devant un documentaire retraçant le projet fou de deux hommes au Groenland. Les mecs avaient décidé de relier deux villes distantes de 1000 km en kayak, en faisant des pauses pour plonger sous la glace (nan parce que le kayak, c’était pas assez tu comprends).

Alors déjà, je sais pas si t’as déjà fait du kayak, mais globalement, quand tu pagaies, tu es trempé. Alors quand l’eau est à 18°c, ça va (tu es déjà horrifié-e, mais souviens-toi, je suis bretonne), mais quand il y a de la glace qui se balade dessus, je sais pas trop si c’est vraiment agréable. Là, en plus, les mecs vont carrément plonger après s’être fait un trou dans la glace, sans avoir de douche pour se réchauffer après (je me rends compte que j’en reviens toujours à la douche chaude, en fait l’aventure ça va, mais avec une douche chaude, s’il vous plait).

le Piège Blanc Alban Michon Vincent Berthet

J’avais regardé ce film, incapable de décrocher de l’écran une seule seconde, les yeux plein d’étoiles et d’admiration. Ce que faisaient ces mecs était incroyable, je n’osais imaginer ce qu’ils avaient dû endurer, tous les doutes qui avaient pu les assaillir, toutes les fois où ils avaient dû se sentir épuisés et où ils avaient continué quand même. 1000 bornes en kayak au Groenland, au milieu de la glace, au milieu de l’eau, au milieu des éléments, sans personne. Tu imagines le mental qu’il faut pour une expédition pareille ?

J’ai oublié le nom du documentaire, j’ai oublié le nom des fous qui se sont lancés dans ce projet, j’ai oublié le nom des villes qu’ils avaient reliées, mais je n’ai jamais oublié la beauté de ces images, leur courage et leur détermination face aux problèmes rencontrés, la force de ce documentaire qui est resté gravé dans ma mémoire. Je n’ai jamais oublié leur goût pour une aventure si extrême, leur volonté de se surpasser pour atteindre leurs objectifs. L’humain est tellement fou, parfois. Je les admire, depuis des années, et je parle souvent de ces dingues qui ont fait 1000 km en kayak au Groenland, en s’arrêtant sur le chemin pour plonger sous la glace.

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A chaque fois que j’en parle, je me dis qu’il faudrait que j’interroge mon ami Google pour retrouver leurs noms et ce documentaire fabuleux.

Et puis la semaine dernière, une newsletter du magazine Encore est arrivée dans ma boite mail. Encore, c’est ce site et ce magazine super inspirants te racontant l’histoire d’entrepreneurs qui ont fait des merveilles à partir, souvent, de pas grand chose, à part un esprit créatif et de l’audace, beaucoup. C’est très joli et ça donne envie de faire un peu la même chose, un jour. Et dans cette newsletter, il y avait cette citation : « Il faut devenir aventurier de son propre trésor », avec la photo d’un mec chevelu et barbu au milieu d’un paysage gelé. Alors tu commences à me connaitre, j’ai vu aventure, j’ai vu trésor, j’ai vu de la neige, j’ai cliqué. C’est comme ça que je suis tombée sur l’interview d’Alban Michon, l’un des types que j’admirais depuis des années pour avoir fait 1000 bornes en kayak au Groenland.

La magie d’internet, c’est aussi retrouver des années plus tard, complètement par hasard, le nom du mec qui a fait ce documentaire qui t’a marquée au fer rouge, et donc le nom du documentaire que tu n’as jamais pris le temps de chercher en 3 ou 4 ans.

Il s’appelle Le Piège Blanc, et il retrace l’expédition incroyable d’Alban Michon et de Vincent Berthet au Groenland. Alors si tu as 2h pour en prendre plein la vue, je te conseille vivement de les employer à regarder ce documentaire (j’ai même trouvé la vidéo intégrale sur Vimeo, regarde), tu ne le regretteras pas.

Profite bien.

Toutes les photographies proviennent du site internet d’Alban Michon.

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