Point lecture #10

Incroyable.

Moins de deux mois après mon dernier point lecture, me revoilà avec trois livres lus relativement récemment, et dont j’avais vraiment envie de vous parler, parce que chacun à leur manière, ils m’ont marquée. Pas forcément marquée comme des grands livres qu’on oubliera jamais, non, mais marquée parce qu’ils ont tous, pour moi, quelque chose de spécial.

Le premier est ma rencontre avec un écrivain que la planète entière connait, et que j’avais repoussée jusque là.

Le second est une surprise ouverte au hasard, une lecture que je n’attendais pas.

Le troisième est l’un de mes plus grands coups de cœur littéraires.

Aller, je vous embarque.

le Fléau Stephen King livre lecture fantastique

Le Fléau, tomes 1 et 2, de Stephen King

Cela faisait un sacré bout de temps que j’avais envie de me lancer dans un Stephen King. En tant que bonne petite flippette pas particulièrement attirée par le fantastique, j’avais toujours remis ça à plus tard. Mais il y a quelques mois, Lemon June a lancé une lecture commune du Fléau, et j’avoue que le pitch m’attirait bien plus que certains autres livres du même auteur.

Le Fléau raconte l’histoire d’une épidémie de super-grippe, sortie à la suite d’un accident dans une base militaire américaine par un soldat ayant réussi à s’enfuir avant que la base ne se ferme. Ce soldat contaminé diffusera la maladie à tous ceux qu’il croisera, avant de mourir quelques jours plus tard. A partir de là, le taux de contagion incroyable du virus lui permettra de se répandre en quelques semaines, éliminant plus de 99 % de la population.

Ils ne sont pas beaucoup à survivre à cette épidémie, et le livre s’attache à suivre une poignée d’hommes et de femmes de villes différentes, qui au cours de leurs recherches vont se rassembler, et peu à peu, vont se mettre à rêver d’une vieille femme du nom de Mère Abigaël, ou d’un mystérieux homme noir, Randall Flagg. Chacun va alors se mettre en route pour rejoindre la personne qui hante ses rêves, et deux camps vont se former autour de ces deux personnages, deux camps qui ne peuvent coexister sur une seule terre.

Mon petit côté biologiste se réjouissait d’avance de lire une histoire d’épidémie meurtrière (oui, les études de bio m’ont laissé un goût étrange et probablement un peu flippant pour les histoires d’épidémie, d’expériences pas très éthiques sur les humains, de cadavres dégueulasses, etc) et effectivement, je n’ai pas été déçue par le début du bouquin. En revanche j’ai eu plus de mal à rester accrochée quand les rêves des personnages ont commencé et que le roman a viré dans le fantastique. La deuxième partie de l’histoire, où les personnages se réunissent et partent à la rencontre de leurs « gourous », a donc été un peu laborieuse pour moi. La troisième partie a un côté un peu sociologique, avec la création de deux nouvelles sociétés distinctes, et m’a aidé à raccrocher un peu les wagons, ce qui m’a permis de tenir jusqu’au final et de terminer les 1200 pages de cette œuvre sans trop de mal.

J’ai adoré les personnages créés par Stephen King, car aucun d’eux n’est vraiment parfait. Pas de noir et de blanc, ici, du gentil au méchant, on ne voit que des nuances de gris. Certains des gentils sont terriblement détestables mais révèlent des qualités insoupçonnées au fil du temps, certains méchants n’éveillent au départ que de la pitié pour la vie qui ne leur a pas donné leur chance. Stephen King a un talent incroyable pour nous projeter dans la tête de ses personnages, et les fous, en particuliers, sont plus vrais que nature. J’ai lu la version française, mais l’écriture m’a énormément plu, et fait passer un très bon moment.

En revanche, le récit est long, et très lent. Je suis pourtant quelqu’un qui aime vraiment les histoires longues et développées, les personnages creusés, mais là j’aurais quand même bien appuyé sur avance rapide à certains moments. N’étant pas une grande fan de fantastique, j’avoue que j’ai vraiment eu du mal à entrer dans l’histoire de Mère Abigaël et Randall Flagg, et dans le délire de la lutte entre le bien et le mal.

Aussi, je savais qu’en lisant du King, j’allais y avoir droit, mais les descriptions de certaines scènes m’ont donné sérieusement mal au cœur. Je suis un peu sensible à ça, et si je suis tout à fait capable de lire que Machin a tiré sur Truc à bout portant, lui arrachant la moitié du visage, je ne ressens pas vraiment le besoin de savoir exactement quel bout de peau est parti, à quoi Truc ressemble, et combien de dents ça lui a fait avaler exactement. Surtout que bon, Truc est mort, donc finalement, où atterrissent ses dents, on s’en fout un peu.

Bref, je n’ai pas passé un mauvais moment, mais je ne suis pas vraiment certaine que je lirai l’intégralité de l’œuvre de Stephen King au cours de ma vie.

Les Arcanes d'Hemera Elyna E.C. livre lecture fantastique

Les Arcanes d’Hemera, tomes 1 et 2 d’Elyna E.C.

Fin décembre, j’ai été subitement frappée par une panne de lecture. Rien, absolument rien dans ma PAL ne me donnait envie. Alors j’ai décidé d’opter pour une technique un peu particulière : acheter un livre totalement hors de ma zone de confort, et surtout, divertissant (je tiens à préciser que divertissant n’est pas un gros mot pour moi, on va dire que c’est sur ce critère que je choisis la moitié de mes bouquins).

Totalement par hasard, j’entends parler du tome 1 des Arcanes d’Hemera. Le pitch est l’exact contraire de ce à quoi je suis habituée, le livre a tout pour me déplaire sur le papier, bref, c’est un drôle de pari, mais je l’achète.

Allyn est une jeune femme au début de sa vingtaine. Ayant perdu ses parents très jeune dans un accident de voiture, elle se retrouve sans famille à la mort de son frère dans un deuxième accident, l’impliquant elle aussi. Infirmière, elle décide de se plonger dans le travail à sa sortie de l’hôpital, accompagnée de son ami Maël, un fantôme qui était à ses côtés à son réveil après l’accident. Elle ne comprend pas bien pourquoi elle peut voir Maël alors qu’elle n’a jamais vu un seul autre fantôme, mais sa solitude fait qu’elle s’en accommode plutôt bien. Un soir, Allyn se fait enlever à la sortie de son cabinet par des hommes appartenant à l’Organisation. Elle apprend alors que son frère y travaillait depuis une dizaine d’années en tant que Singulier. Il pouvait lui aussi voir les morts, et était chargé, avec son binôme Lucas, de trouver les Âmes Perdues dans les Affres, où elles errent au milieu de leurs cauchemars, pour les amener à Hemera, afin qu’elles trouvent la paix. L’Organisation s’attend alors à ce qu’Allyn prenne la place de son frère, mais son coéquipier ne l’entend pas de cette manière et lui mène la vie dure…

J’ai bien conscience que ce résumé est loin d’être clair, mais synthétiser en quelques lignes la complexité de l’intrigue d’Elyna E.C. s’avère moins facile que ce que je pensais. Contre toute attente, ce roman a été une très belle surprise ! Je me suis retrouvée prise dans l’histoire en quelques pages. Les personnages sont imparfaits et attachants, le ton est parfois léger et drôle, parfois sérieux et dramatique, et je trouve que la balance entre les deux est assez équilibrée. J’ai lu ce roman comme un récit d’aventure plein de rebondissements, même si certaines choses mettent à mon goût un peu trop de temps à venir alors qu’on les avait vues depuis le départ. Mais honnêtement, pour un premier roman d’une jeune autrice, il est vraiment réussi, et je n’avais pas été aussi accro à une histoire depuis bien longtemps. J’avais à peine fini le tome 1 que je fouillais frénétiquement Amazon pour télécharger le tome 2, que j’ai lui aussi dévoré rapidement. En bref, j’ai découvert une histoire vraiment sympa, et en même temps une manière de me sortir de mes pannes de lecture !

Wild Cheryl Strayed livre lecture voyage randonnée

Wild, de Cheryl Strayed

Oh là là.

Oh là là.

Ce livre est une merveille (oui, je commence comme ça, direct). Et si vous ne l’avez pas lu, s’il vous plait, faites-le, vraiment tout de suite, vous ne le regretterez jamais.

Pour ma part, je pense qu’il sera un de ces livres que je relirai régulièrement dans ma vie.

Cheryl Strayed est une jeune femme d’une vingtaine d’années. Jusque là, sa vie allait plutôt bien, son père l’avait abandonnée jeune mais elle avait une belle relation avec sa mère. Assez rapidement, un beau père aimant était arrivé et elle avait grandie bien entourée avec son frère et sa sœur. Mariée jeune à un homme qu’elle aime follement, tout semble lui sourire. Jusqu’au jour où sa mère meurt en quelques mois d’un cancer. A partir de là, Cheryl tombe dans une spirale infernale, sa famille se disloque, elle tombe dans la dépression, trompe son mari de manière répétée, finit par divorcer, et vit une vie autodestructrice mêlant hommes de passage, drogue et jobs miteux. Un jour, Cheryl tombe sur un guide du Pacific Crest Trail, un chemin de randonnée connu traversant l’Ouest des Etats-Unis, reliant le Mexique au Canada, et c’est comme une évidence pour elle : elle doit faire cette randonnée. Elle passe alors des mois à se préparer, achetant son matériel petit à petit, traçant son chemin, préparant ses colis de ravitaillement, et finalement, se lance sur le trail, seule, en autonomie. Très vite, elle se rendra compte qu’elle n’est absolument pas préparée pour ce défi, et devra défier la souffrance physique et morale, repousser encore ses limites pour le continuer.

Ce roman est une histoire vraie, et on sent vraiment qu’il est un témoignage brut de l’épreuve qu’a vécu Cheryl. Rien n’est enjolivé, et on ressent vraiment ce qu’a pu vivre l’autrice.

Le premier chapitre du roman, narrant la mort de sa mère, m’a vraiment brisé le cœur, et je pense, aidé à comprendre la suite, la descente aux enfers qu’a vécu la narratrice. Très vite, on arrive au cœur du sujet, le début de la randonnée, et l’histoire de Cheryl Strayed sera ensuite diluée sous forme de flashbacks tout au long du roman.

La randonnée, parlons-en. Cheryl souffre, frôle la mort, se retrouve parfois en danger, mais fait aussi de très belles rencontres, et peu à peu, se renforce et prend confiance en ses capacités. La randonnée est loin de ressembler au moment d’introspection qu’elle attendait, puisque son esprit se retrouve continuellement occupé par la douleur et la faim. Avec ses chaussures trop petites et son sac trop lourd, Cheryl va peu à peu comprendre qu’elle ne trouvera pas ce qu’elle était venue chercher, mais que le PCT lui donnera bien autre chose : ce dont elle avait besoin.

Ce n’est pas un roman qui donne des réponses. C’est un roman sur une femme qui souffre, qui perd pieds, et qui finalement, se trouve un but à poursuivre pour l’aider à sortir la tête de l’eau.

L’un de ces livres vous donne-t’il envie ? Avez-vous fait de belles découvertes dernièrement ?

Et surtout, que faites-vous, lorsque vous avez une panne de lecture ?

One Reply to “Point lecture #10”

  1. Commentaire très tardif (mieux vaut tard que jamais), mais je suis toujours tellement heureuse de voir quelqu’un découvrir Wild 😀 C’est un livre qui m’avait fait beaucoup de bien il y a quelques années, bon pas au point de chausser mes baskets mais presque.
    L’adaptation ciné est également très bonne d’ailleurs.

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