Point lecture #9

Alessandro Baricco Sans Sang livre lecture

Je crois que cela fait une éternité que je ne vous ai pas parlé de livres par ici.

Je crois que ça fait une éternité tout court que j’ai du mal à prendre le temps de venir vous écrire ici.

Pourtant je ne travaille que 4 jours par semaine. Mais je crois qu’entre l’arrivée au Canada, les nouvelles habitudes à prendre, mon prof de batterie qui me fait beaucoup travailler (je suis comme une enfant qui revient avec toujours plus de devoirs à le maison toutes les semaines), et mon travail sur la photo avec mon portfolio qui se construit petit à petit, les quelques événements sur lesquels j’ai filmé ou pris des photos, et les publications sur les réseaux sociaux à gérer, le blog me semble être une tâche de plus un peu trop chronophage pour moi actuellement.

J’espère tout de même trouver un semblant d’organisation me permettant de m’y mettre un peu plus souvent et sereinement, mais bon, soyons honnêtes, j’ai surement plein de qualités, mais l’organisation n’en a jamais vraiment fait partie. En tout cas pas dans ma vie personnelle.

Bref, avant de quitter la France, j’avais tout de même pris le temps de prendre en photo les livres papier lus sur les derniers mois à Nantes. Livres qui m’avaient été prêtés ou offerts et que j’ai donnés avant de partir. Cette sélection a donc quelques mois (six, pour être exacte), mais la prochaine fois, je reviendrai avec des bouquins plus récents. Ou pas. Parce qu’il m’en restera encore au moins un à vous présenter, mais il mérite bien un article pour lui tout seul, celui-là.

Cette fois-ci, je ne vous présenterai non pas trois, mais quatre livres (et je vous dis ça comme si je vous faisais un cadeau gigantesque). Parce que.

J’ai pas réussi à choisir en fait.

Paolo Rumiz Aux frontières de l'Europe livre lecture

Aux Frontières de l’Europe, de Paolo Rumiz

Les récits de voyage et moi, on est carrément fâchés depuis que j’ai lu Dans les forêts de Sibérie, de Sylvain Tesson. D’ailleurs, vous remarquez que je ne vous en ai même pas parlé. Parce que pour de vrai, j’avais vraiment pas envie d’écrire quoi que ce soit sur un bouquin qui m’a donné envie de donner des claques à son auteur pendant des mois. Parce que j’ai mis des mois à le finir. Péniblement. Ne voulant pas le lâcher en pensant que « peut-être », ça allait devenir intéressant à un moment. En le terminant, autant vous dire que j’étais un peu en rage contre moi-même d’avoir perdu autant d’heures là-dessus. Bref, je ne m’étendrai pas, mais cette critique du bouquin résume parfaitement ce que j’en ai pensé.

Je précise tout de même que ceci n’est que mon avis, et que je respecte totalement ceux qui l’ont aimé, ou même les fans de Sylvain Tesson. On a tous des sensibilités différentes, des goûts différents, et si je n’ai pas aimé ce bouquin, je comprends néanmoins qu’il puisse plaire à d’autres.

Bref, les récits de voyage et moi, on est fâchés. Mais lors d’un swap, j’ai reçu ce livre, qui me faisait vraiment envie, avant Sylvain Tesson, donc. C’est donc un peu méfiante que j’ai entamé les premières pages.

Paolo Rumiz est un journaliste et écrivain italien. Grand voyageur, il écume l’Europe et l’Italie par de longs et lents voyages. Aux Frontières de l’Europe est le récit d’un de ses périples. Ayant grandi à Trieste, Paolo Rumiz est fasciné par la frontière européenne et décide donc en 2008 de la suivre sur toute sa longueur, de la Laponie à la Méditerranée, en bus, train et stop. Il est accompagné lors de ce voyage de son amie Monika Bulaj, photographe parlant huit langues, ce que ne manque pas de répéter Paolo Rumiz, tant sa compagne lui facilite les échanges avec la population locale.

Je crois que cette dernière phrase résume à peu près la façon de voir les choses de l’auteur. J’avais peur de me trouver face à quelqu’un qui aurait ramené toute son expérience à lui, mais au contraire, j’ai découvert un livre qui n’était qu’ouverture sur le monde. Paolo Rumiz est curieux, avide d’en savoir toujours plus sur les pays et populations, s’intéresse sans juger. Et surtout, il s’émerveille de tout. L’auteur est un amoureux des pays de l’est, et cela se ressent immédiatement. J’ai été totalement embarquée et conquise par ce bouquin, qui m’a donné envie de découvrir tous ces pays oubliés du tourisme, et tout particulièrement les Carpates. J’ai eu la sensation, malgré son émerveillement, que les pays étaient présentés tels qu’ils étaient, avec leurs bons comme leurs mauvais côtés, ce qui fait que le récit m’a laissé une impression de justesse, sans vraiment pouvoir le vérifier, puisque des endroits traversés par Paolo Rumiz, je n’ai vu de mes yeux que Vilnius.

Un livre à découvrir si vous aimez les voyages, et que vous avez envie d’en savoir plus sur les pays de l’est de l’Europe.

Sans Sang, d’Alessandro Baricco

Ce livre, je l’ai vu passer avec une critique dithyrambique sur l’Instagram d’Elsa, et j’avoue qu’entre son avis et ce titre étrange (je vous ai déjà dit que j’étais capable de lire un livre juste parce qu’il avait un titre bizarre ?), j’ai eu vraiment très envie de le découvrir.

Sans Sang ne se résume pas, alors je suis bien embêtée pour vous en parler. Il ne se résume pas parce qu’il est un peu comme une claque qu’on aurait pas vue venir. C’est court, intense, et indescriptible.

Alessandro Baricco aime les phrases courtes, parfois à la limite de la définition de phrases, d’ailleurs, puisqu’une fois sur deux, on cherche les verbes. Courtes, mais incroyablement percutantes. Et je dois bien avouer que je n’ai jamais été aussi touchée par une écriture aussi simple, incisive, et violente.

Sans Sang, ce sont deux heures de lecture, deux chapitres aussi éloignés dans la date que dans ce qu’ils racontent. Le premier est sanglant, violent. Le deuxième est plus lent, plus psychologique. Et en toile de fond, la vengeance, le pardon, les regrets, l’horreur.

Sang Sang, c’est l’humanité, dans ce qu’elle a de pire et de bon réunis en chaque personne, c’est la complexité des actes humains, de la conscience, de la morale. C’est une œuvre immense en 120 toutes petites pages, et moins de verbes que de phrases.

Une apparition, de Sophie Fontanel

Ce livre, sorti en 2017, a pas mal fait parler de lui, et pour cause, le sujet était vraiment original, et plutôt adapté aux temps actuels.

Sophie Fontanel est une journaliste et autrice française, très proche du milieu de la mode. A 53 ans, elle décide sur un coup de tête d’arrêter les colorations et de laisser apparaitre ses cheveux blancs. Elle raconte alors, sous forme d’un journal, cette « apparition ».

Le sujet des cheveux blancs chez une femme fait partie d’un problème sexiste bien plus global, puisque dans la société d’aujourd’hui, on accepte que les hommes vieillissent, mais pour les femmes, c’est une autre histoire. Je ne compte pas faire un exposé sur le sujet, mais s’il vous intéresse, l’internet regorge d’exemples de traitements bien différents de l’âge chez la femme ou l’homme.

Bref, un homme qui grisonne, c’est sexy (merci George Clooney). Une femme, ça ne grisonne pas avant d’être arrière-grand-mère, merci. Étant moi-même en plein dans une phase d’apparition de cheveux blancs, que j’ai décidé de ne pas cacher, plus par flemme et volonté de ne pas me coller de produits chimiques sur la tête que par réel engagement féministe (et parce que de base, j’aime bien ma couleur naturelle, aussi), j’avais vraiment envie de voir comment Sophie Fontanel avait vécu cette transformation.

Le livre commence de manière très légère, et se lit très facilement. L’autrice y relate des anecdotes survenues tout au long du processus, des réactions de sa famille à celles de parfaits inconnus.

Si le livre est agréable à lire, je regrette tout de même que l’on ne reste qu’en surface. Je n’ai pas eu la sensation d’y voir de véritables réflexions, mais simplement une suite de petites histoires et rencontres, pas forcément toujours fascinantes d’ailleurs, puisque je me suis vraiment ennuyée à plusieurs reprises. Mais après tout, n’est ce pas cela que devrait être l’arrêt des colorations ? Un non sujet, quelque chose de léger, à prendre avec enthousiasme et amusement ? Mon impression sur ce bouquin est donc assez mitigée, même si j’ai passé un moment agréable.

La Passe-Miroir, de Christelle Dabos (tomes 2 et 3)

Je vous avais déjà parlé du premier tome de la saga, les Fiancés de l’Hiver, lors d’un point lecture précédent. Je vous avais aussi dit que j’attendais que le prix du tome 2 baisse pour me l’offrir, mais j’ai eu de la chance, puisque mon amie Gwendoline possédait la saga complète et m’a donc prêté les tomes 2 et 3, intitulés respectivement Les Disparus du Clairdelune et La Mémoire de Babel.

Je ne vous ferai pas les résumés de ces deux tomes, pour ne pas vous spoiler la saga, mais je vous remets ici ce que j’avais écrit à propos du tome 1 :

On y suit les aventures d’Ophélie, native de l’arche d’Anima (oui, ce roman ne se passe pas dans le monde réel, vous l’aurez compris). Ophélie possède deux dons particuliers : elle peut lire les objets en les touchant, et traverser les miroirs (c’est HY-PER pratique, sérieusement). Un jour, sa famille la fiance sans lui laisser le choix à Thorn, venant d’une arche lointaine appelée le Pôle. Ophélie est donc contrainte d’embarquer, accompagnée de sa marraine, pour la Citacielle, capitale du Pôle, où la vie est bien moins simple et les habitants beaucoup moins accueillants qu’à Anima.

Elle se rendra vite compte que son fiancé antipathique lui cache beaucoup de choses, et en particulier la raison de leur mariage, et devra lutter pour survivre à la Cour de la Citacielle. Entre les secrets de Thorn et de sa tante, les luttes de pouvoir entre membres de la Cour, les codes de cette nouvelles arche et l’hypocrisie ambiante, Ophélie ne saura plus à qui se fier…

Comme pour le tome 1, et peut être même encore plus, j’ai eu du mal à entrer dans le deuxième opus de la série. J’avais la sensation qu’il ne se passait pas grand chose, Ophélie et Thorn m’énervaient tous les deux, aucun personnage n’attirait vraiment mon attention (mis à part Archibald), et le côté surprise de découvrir un nouveau monde du premier tome n’était plus là. L’histoire voudrait que les mystères éveillent notre intérêt et nous gardent accrochés au livre, mais j’avoue que le nombre de mystères, ainsi que le trop grand flou dans lequel ils étaient présentés n’a fait que m’en désintéresser. Malgré cela, la lecture n’était pas désagréable et j’ai réellement accroché à la fin du livre, lorsque justement, on commence à y voir plus clair sur les fameuses disparitions, ainsi que du côté du mystérieux Farouk. Il faut dire que Christelle Dabos a un vrai talent pour les fins complètement dingues ! Encore une fois, l’évolution des personnages est vraiment intéressante, Ophélie s’émancipe de plus en plus, les défauts qu’elle semblait avoir au début deviennent même pour certains des qualités, et le « couple » Ophélie-Thorn prend du relief et de la consistance, ce qui rend les personnages bien plus attachants.

De plus en plus, un fil rouge entre les tomes se dessine, et au delà de la petite histoire, on voit apparaitre la grande Histoire. Celle qui, on le sent, va s’éclaircir au fur et à mesure jusqu’à être révélée au tome 4 (puisque c’est le dernier prévu pour l’instant). Ce qui nous parait bien nébuleux dans la première partie du livre prend tout doucement (très doucement) du sens au fur et à mesure, mais pour cette énigme là, je veux bien comprendre qu’il faille du temps !

Le troisième tome nous fait changer de décor, et cela fait vraiment du bien. Pour celui-ci, je n’ai eu aucun mal à me laisser embarquer, curieuse de découvrir Babel. Pas de temps d’adaptation comme pour les deux opus précédents pour moi donc, la fin des Disparus du Clairdelune m’a littéralement retournée, et j’ai hâte de retrouver Ophélie, Thorn et les autres.

Cette nouvelle arche nous change encore totalement de décor, et même si j’y ai trouvé moins d’imagination que sur les deux premières, je l’ai trouvée bien réfléchie, très différente, et la critique qu’elle amène sur la société et certains comportements humains vaut le détour. Les nouveaux personnages secondaires sont hauts en couleurs (peut être encore un peu plus que ceux des deux tomes précédents) et Ophélie, riche de ses expériences passées, a pris beaucoup d’assurance et montre un niveau de détermination qu’on ne lui avait encore jamais vu. Malgré cela, elle reste Ophélie, avec sa maladresse, sa timidité, son calme excessif, et je trouve que l’on atteint enfin un équilibre qui rend notre héroïne vraiment très attachante.

Ici encore, plusieurs mystères entremêlent, mais cette fois-ci ils m’ont accrochée au lieu de me repousser, peut être justement parce que la grande Histoire commence à prendre forme, et que l’on se sent un peu moins perdu au milieu de tout ça. Le rythme est aussi plus rapide que dans les tomes précédents, et je pense que ce mouvement continuel aide à rendre ce livre complètement addictif.

Et la fin, encore une fois, est digne des deux premiers tomes, et me fait littéralement trépigner d’impatience en attendant le tome 4, qui n’est malheureusement pas prévu pour tout de suite.

En bref, la série La Passe Miroir, malgré quelques longueur à mes yeux, est vraiment un incontournable si vous aimez la fantaisie jeunesse (et même si vous ne l’aimez pas, à vrai dire, puisque de base, ce n’est vraiment pas ma tasse de thé).

L’avez-vous lue ? Qu’en avez-vous pensé ?

L’article vous a t’il donné envie de découvrir un de ces livres ?

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