Regards : Erik Johansson #2

Certains te diront qu’une « bonne photo ne se retouche pas », d’autres que la retouche doit rester discrète et se contenter de toucher à la luminosité, au contraste, en bref, aux paramètres sur lesquels on peut jouer lors du développement argentique, d’autres encore usent et abusent de Photoshop, effaçant, créant, déplaçant, mixant. Ces derniers sont souvent décriés par les premiers. Il parait que ce ne sont pas de vrais photographes.

Moi, je pense que la photographie, c’est tout ça. Qu’un photographe a sa propre sensibilité, son propre style, son propre sens artistique, et qu’il fait ce qu’il veut. Je n’aime pas vraiment l’idée de fixer des limites à un art, parce que c’est justement la diversité, la créativité des artistes, l’originalité qui fait tout l’intérêt de cet art. La photographie, c’est ce qu’on en fait. Il y a de la place pour tout le monde, il y aura du public pour tout le monde.

Généralement, je ne suis pas vraiment bon public pour les photos très retouchées. Je suis plutôt une fan de l’agence Magnum, de Cartier-Bresson, de Vivian Mayer. J’aime la photographie de rue, la photographie de paysage, les images réalistes, parfois un peu brutes. La retouche à outrance, ça ne me parle pas beaucoup.

Et puis en février, j’étais à Stockholm (sois sympa, je sais que j’ai vraiment beaucoup de retard, mais j’essaye de me rattraper, tu vois), et comme à chaque fois que je visite une grande ville, il a fallu faire un passage par le musée de la photo, qui s’appelle Fotografiska, donc, à Stockholm. Le thème de la plus grande expo était la photographie descriptive, et je t’avoue que je n’ai pas vraiment accroché, d’autant plus que j’y ai retrouvé mon grand pote Araki, qui a l’air de me suivre comme une malédiction.

En revanche, en arrivant sur la deuxième expo, je suis restée littéralement scotchée. Devant une photo à la luminosité magnifique, tirée en format immense et exposée sur un mur noir. Devant cette photo.

Erik Johansson Photographie bouteille à la mer ville

Un vrai coup de foudre, moi qui n’aime pas les retouches à outrance, voilà que j’étais transportée par ces photos qui avaient demandé mille fois plus de travail sur Photoshop que pour la prise de vue en elle même (les prises de vue, en fait).

J’ai alors parcouru la salle dédiée à ce jeune photographe suédois émerveillée par tant de créativité et de beauté en même temps. Son travail est hallucinant. Entre illusions d’optique, hallucinations visuelles, Erik Johansson s’amuse à nous mettre la tête à l’envers, à bouleverser nos repères, mais aussi nous livre des messages sur la vie à travers des mises en scène époustouflantes.

Erik Johansson Impact photographie

Erik Johansson Imminent photographie

Erik Johansson Endless Reflection photographie

Erik Johansson The Architect photographie

Ingénieur de formation, Erik s’est installé en tant que photographe et retoucheur, et travaille aussi bien sur des projets commissionnés que personnels. Ses photos lui demandent tant de travail qu’il ne peut en réaliser que 6 à 8 par an. Pour te donner une idée, voici une vidéo montrant le process de création pour une seule photo. Juste impressionnant.

Pour aller plus loin, tu peux aller voir son site web, sa page Facebook, ses comptes Twitter et Instagram, ou sa chaine Youtube.

Et toi, tu aimes ce genre de photos ? Tu penses quoi de la retouche en général ?

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